La victoire électorale du gouverneur Ademola Adeleke dans l'État d'Osun ne marque pas la fin des tensions internes au sein du parti Accord. Chris Imumolen, président d'une des factions du parti, a réaffirmé que la crise de gouvernance nationale demeure une affaire strictement judiciaire, indépendante des succès électoraux locaux.
Une bataille juridique en cours
Le conflit pour la direction nationale du parti Accord ne date pas de l'entrée du gouverneur Adeleke dans ses rangs. Selon Chris Imumolen, cette querelle, qui fait l'objet de procédures devant les tribunaux depuis 2024, ne peut être tranchée par les urnes. Malgré une tentative de réconciliation lors de la campagne présidentielle de 2023, la scission s'est cristallisée lors de la convention nationale du 29 juillet 2024, où deux structures rivales ont revendiqué la légitimité de la direction. Une ordonnance provisoire de la Haute Cour du Territoire de la capitale fédérale, émise en août 2024, a placé le dossier au cœur d'une bataille juridique qui devrait reprendre à la fin des vacances judiciaires.
L'impact de l'arrivée d'Ademola Adeleke
L'adhésion du gouverneur Ademola Adeleke au parti Accord, en provenance du Parti démocratique populaire (PDP), a complexifié une situation déjà fragile. Chris Imumolen soutient que le gouverneur a choisi de s'aligner sur une faction spécifique plutôt que de favoriser une médiation entre les parties en conflit. Cette polarisation a conduit à l'émergence de primaires parallèles dans l'État d'Osun, illustrant une fracture structurelle que le succès électoral du gouverneur n'a pas réussi à cicatriser.
Distinction entre stratégie politique et légitimité interne
Face aux accusations selon lesquelles sa faction agirait comme un agent de l'APC, le parti au pouvoir, Chris Imumolen rejette tout amalgame. Il souligne que le soutien apporté par son camp à la politique du président Bola Tinubu est une décision stratégique nationale, distincte des enjeux de leadership interne. Pour lui, le parti dispose de la liberté d'aligner ses intérêts politiques selon les contextes locaux, comme ce fut le cas en Abia avec le soutien au gouverneur Alex Otti. Le président factionnel insiste sur le fait que ces choix tactiques ne contredisent en rien la volonté de son camp de poursuivre la procédure judiciaire jusqu'à son terme pour établir la légitimité de la direction nationale du parti.