La reprise des hostilités au Yémen et le renforcement de l'emprise des Houthis sur le littoral de la mer Rouge bouleversent les flux énergétiques mondiaux. Le détroit de Bab el-Mandeb, point de passage stratégique entre l'Europe et l'Asie, subit une baisse significative de son trafic maritime, impactant directement les exportations de brut de l'Arabie Saoudite.
Une chute marquée du trafic saoudien
Les données de la société de suivi maritime Kpler révèlent une contraction sévère des exportations pétrolières saoudiennes transitant par cette voie maritime. Sur les sept derniers jours, seuls cinq navires chargés de marchandises en provenance de Riyad ont franchi le détroit, soit moins d'un tiers du volume hebdomadaire habituel observé depuis le début de l'année. Ce ralentissement s'inscrit dans une tendance baissière amorcée dès la fin juillet, période à laquelle les forces houthies ont commencé à menacer explicitement la flotte saoudienne.
Le contrôle houthi sur le littoral yéménite
La situation s'est dégradée début septembre avec le lancement d'une offensive éclair permettant aux Houthis de consolider leur contrôle sur l'ensemble du littoral yéménite bordant la mer Rouge. Cette position dominante leur confère une capacité de nuisance directe sur le détroit de Bab el-Mandeb, séparant la péninsule arabique de la Corne de l'Afrique. La tension est montée d'un cran avec des frappes ayant visé Riyad dans la nuit du 18 au 19 septembre, illustrant l'escalade du conflit entre les Houthis et le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie Saoudite.
Impact sur les flux énergétiques mondiaux
Au-delà des navires saoudiens, c'est l'ensemble du transit pétrolier qui subit les conséquences de cette instabilité. Depuis le 11 septembre, le volume quotidien de pétrole traversant le détroit est tombé à 3,4 millions de barils, contre une moyenne de 4,4 millions de barils depuis le 1er janvier. Le trafic global de navires transportant des matières premières a également diminué, passant d'une moyenne de 31 passages quotidiens à environ 24. Si les Houthis affirment que la navigation n'est menacée que pour les navires saoudiens, la persistance des tensions fait peser un risque de prudence accrue sur les armateurs étrangers, avec des conséquences potentielles sur les cours mondiaux du brut.