Le département de la Nya Pendé, situé dans la province du Logone oriental, traverse une crise agricole majeure. La conjugaison d'un déficit pluviométrique sévère et d'invasions de criquets ravageurs compromet gravement les récoltes de la saison, exposant les populations locales à un risque imminent d'insécurité alimentaire.
Un effondrement des cultures vivrières
Le constat dressé sur le terrain, notamment dans les localités de Goré, Donia et Doholo, est alarmant. Les cultures de subsistance essentielles, telles que le mil, le niébé, le maïs et l'arachide, subissent un assèchement précoce dû à l'irrégularité des précipitations. Cette situation est aggravée par des attaques massives de criquets qui achèvent de détruire les rares plants ayant survécu à la chaleur. Pour de nombreux agriculteurs, les investissements consentis pour les semis se sont soldés par des pertes totales, rendant les perspectives de récoltes pour les mois de septembre et octobre quasi inexistantes.
L'impuissance des producteurs face aux aléas climatiques
Le témoignage des cultivateurs souligne l'ampleur du désastre humain. À Doholo, un producteur ayant perdu quinze hectares de maïs exprime son désarroi face à l'impossibilité de subvenir aux besoins de sa famille. Cette détresse est partagée par les autorités coutumières, à l'instar du chef de canton de Donia, Takilal Rodrigue, qui appelle à une intervention urgente des pouvoirs publics et de leurs partenaires pour soutenir les communautés rurales sinistrées.
Des perspectives de contre-saison incertaines
L'Agence nationale d'appui au développement rural (ANADER) confirme la gravité du diagnostic. Ndouba Modeste, chef de secteur pour la Nya Pendé, souligne que la double contrainte climatique et parasitaire ne limite pas seulement les récoltes actuelles, mais hypothèque également les activités de maraîchage de contre-saison. Le manque d'eau dans les bas-fonds rend, à ce stade, difficile la mise en place de solutions alternatives pour compenser les pertes. Face à cette impasse technique et climatique, les acteurs locaux insistent sur la nécessité d'une réponse coordonnée pour prévenir une aggravation de la situation alimentaire dans la région.