La multiplication des mouvements politiques au Sénégal soulève des questions sur les motivations réelles des anciens responsables. Le chercheur Mamadou Sy Albert apporte un éclairage sur cette dynamique.
Les mouvements politiques, une conséquence de la défaite électorale
Selon Mamadou Sy Albert, chercheur en science politique, la création de nouveaux mouvements politiques au Sénégal est une conséquence directe de la défaite électorale de l'ancienne majorité. Ces initiatives sont principalement menées par des responsables issus de l'APR, du PS, du PDS et des anciennes formations de gauche.
Pour le chercheur, il s'agit d'une tentative de se repositionner et de retrouver une influence politique. « C'est une conséquence de la défaite de l'ancienne majorité », explique-t-il, ajoutant que certains responsables cherchent de nouvelles voies pour se maintenir dans le jeu politique.
Une tradition politique sénégalaise
Cette dynamique n'est pas nouvelle au Sénégal, comme le souligne Mamadou Sy Albert. Les mouvements de soutien ont une longue histoire, remontant même au régime d'Abdou Diouf. Le professeur Iba Der Thiam en est un exemple emblématique.
À chaque alternance, une partie de la classe politique cherche à s'aligner avec la nouvelle majorité, ce qui explique en partie la prolifération de ces mouvements.
Motivations cachées : accès aux ressources et privilèges
Derrière ces mouvements, le chercheur révèle des motivations plus profondes. Il affirme que ces initiatives sont davantage liées à la transhumance politique, à l'accès aux ressources financières et aux privilèges qu'à la construction d'une force politique significative.
« Ces mouvements de soutien sont là plus pour l'accès aux ressources, pour avoir des privilèges, pour l'accès à des postes », déclare-t-il, soulignant leur faible impact électoral.
Une logique de négociation avec le pouvoir
Mamadou Sy Albert considère que la création de ces mouvements est une stratégie de négociation avec le pouvoir en place. Les responsables politiques, conscients de leur faible poids électoral, cherchent à monnayer leur soutien.
« Ces responsables qui créent des partis politiques, ils n'ont pas de poids électoral. Ils marchandent », conclut-il, dénonçant une marchandisation de la vie politique sénégalaise.