Une étude scientifique publiée dans la revue The Lancet met en lumière un reflux préoccupant de la couverture vaccinale infantile au sein de l'Union européenne. Ce phénomène, observé depuis la période de la pandémie de Covid-19, fragilise les acquis de santé publique obtenus au cours des quatre dernières décennies et fait craindre le retour de maladies infectieuses évitables.
Un recul généralisé dans 16 pays européens
L'analyse, qui s'appuie sur des données de l'OMS et de l'Unicef couvrant la période 1980-2024, dresse un bilan contrasté. Si l'Europe a longtemps progressé vers des taux de protection élevés, une détérioration est désormais constatée dans 16 États membres. Des pays comme la Bulgarie, les Pays-Bas, la Roumanie ou encore la Suède affichent une baisse de la couverture pour l'ensemble des sept vaccins infantiles étudiés, incluant notamment la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la poliomyélite.
Des disparités persistantes au sein de l'UE
La situation demeure hétérogène à travers le continent. Tandis que le Luxembourg et le Portugal maintiennent des taux de couverture robustes, dépassant les 95 % recommandés pour assurer une protection collective efficace, d'autres nations peinent à maintenir ces standards. La Roumanie, par exemple, se situe sous la barre des 80 %. En France et en Italie, la tendance est mitigée avec une progression pour certains vaccins mais un repli pour d'autres, illustrant la complexité des dynamiques vaccinales actuelles.
Les enjeux de la protection vaccinale
Les chercheurs pointent une urgence sanitaire : garantir une couverture élevée et durable pour prévenir toute résurgence épidémique. Les vaccins contre la méningite B et la poliomyélite sont les plus touchés par ce reflux, enregistrant des baisses dans 20 pays européens. Si les causes précises de ce désengagement ne sont pas isolées par l'étude, les auteurs notent une corrélation temporelle avec la crise sanitaire de 2020-2022, période marquée par des perturbations majeures des systèmes de santé et une montée de la désinformation.
Un héritage de santé publique menacé
Depuis 50 ans, la vaccination a permis d'éviter plus de 154 millions de décès à travers le monde, principalement chez les enfants. Le recul observé aujourd'hui constitue un signal d'alerte pour les décideurs publics. La pérennité des programmes de vaccination infantile représente un enjeu collectif majeur pour éviter que des pathologies, dont le fardeau avait été considérablement réduit, ne redeviennent une menace directe pour les populations les plus jeunes.