Alors que le mandat des conseillers municipaux et départementaux sénégalais arrive à échéance en janvier 2025, l’État reste silencieux sur la date des prochaines élections locales. Ce jeudi 27 août à 12 heures, la Chambre administrative de la Cour suprême examinera un recours déposé par le collectif Ñoo Lank pour contraindre les autorités à publier un calendrier électoral. Une mobilisation judiciaire et politique sans précédent s’organise pour forcer une clarification.
Un collectif déterminé à briser l’impasse institutionnelle
Le collectif Ñoo Lank, par la voix de son secrétaire général Seydina Malal Diallo, a obtenu l’inscription de sa requête au rôle de la Cour suprême. Pour ses membres, l’absence de date officielle pour les élections municipales et départementales devient intenable, alors que la société civile et les partis politiques réclament depuis des mois une visibilité sur le calendrier. Leur mobilisation devant la juridiction ce jeudi vise à accélérer une décision qui pourrait contraindre l’État à agir.
PASTEF-Les Patriotes active tous les leviers politiques
Le parti PASTEF-Les Patriotes, dirigé par Ousmane Sonko, a choisi une autre stratégie : une interpellation directe du gouvernement. Mercredi, il a adressé une demande formelle au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, en copiant le président de la République et la Commission électorale nationale autonome (CENA). L’objectif ? Obtenir le décret permettant de lancer officiellement le processus électoral territorial, alors que le mandat des élus locaux est techniquement arrivé à terme en janvier 2025. Pour PASTEF, l’urgence est double : éviter un vide institutionnel et garantir la légitimité des futures élections.
Une pression croissante sur l’exécutif
Entre recours judiciaire et pression politique, la tension monte autour du calendrier électoral. La Cour suprême pourrait, dès ce jeudi, donner un signal fort en statuant sur la requête de Ñoo Lank. Une décision favorable au collectif forcerait l’État à publier une date, sous peine de sanctions. De son côté, PASTEF mise sur une réponse gouvernementale rapide pour éviter une crise institutionnelle. L’audience de ce jour s’annonce donc comme un tournant dans le bras de fer entre la société civile, les partis d’opposition et les autorités.