Le 24 septembre 2026, la Cour suprême du Nigeria a rétabli quatre articles essentiels de la loi électorale de 2026, créant ainsi un nouveau cadre juridique susceptible de remettre en cause les nominations de plusieurs candidats du PDP et d’autres partis d’opposition avant les élections de 2027.
Restauration des dispositions clés de la loi électorale
Dans un arrêt unanime, la plus haute juridiction a déclaré que les sections 77(5), 77(6), 77(7) et 84(2) de la loi électorale ne contrevenaient pas à la Constitution de 1999, annulant ainsi la décision antérieure de la Cour d’appel qui les avait invalidées. Ces articles imposent aux partis politiques de soumettre à l’Independent National Electoral Commission (INEC) un registre des membres au moins vingt‑et‑un jours avant toute primaire, d’interdire l’usage d’un registre différent et de conduire les nominations par primaires directes ou par consensus.
Implications pour les candidatures du PDP et des partis d’opposition
Le rétablissement de ces exigences ne conduit pas à une disqualification automatique des candidats déjà désignés. Il crée toutefois un terrain propice aux recours judiciaires lorsque des preuves montrent que l’inscription, l’enregistrement ou la procédure de nomination n’ont pas respecté les nouvelles règles. Outre le PDP, les partis concernés comprennent le Social Democratic Party (SDP), l’Allied Peoples Movement (APM), le People’s Redemption Party (PRP) et un candidat de l’All Progressives Congress (APC).
Cas emblématiques : Pantami, Mustapha, Obasanjo et Fadeyi
Parmi les figures les plus exposées, le professeur Isa Ali Pantami, ancien ministre des Communications, voit sa primaire gouvernorale du PDP à Gombe annulée par la Haute Cour fédérale, qui a ordonné une nouvelle primaire le 29 septembre, incluant Pantami, Khamisu Ahmed Mailantarki et Usman Aliyu Garry. Le sénateur Saliu Mustapha (Kwara Central) et le député Kolo Jiya (Kwara North), tous deux issus de l’APC avant de rejoindre le PDP, font l’objet de questions quant à leur présence sur le registre soumis à l’INEC et à la validité des dérogations qui auraient régularisé leur adhésion. Le sénateur Iyabo Obasanjo, qui a quitté l’APC le 31 mai 2026 pour rejoindre le PDP le 15 juin, a été présenté comme candidate sénatoriale d’Ogun Central deux jours plus tard, soulevant des doutes sur le respect du délai de vingt‑et‑un jours. Enfin, le sénateur Olubiyi Fadeyi (Osun) rejette les rumeurs de disqualification, affirmant que son ticket a été obtenu conformément aux règles internes du PDP et à la législation électorale.
Enjeux juridiques et perspectives pour les élections de 2027
Les litiges futurs dépendront principalement de la conformité des registres de membres déposés à l’INEC, des dates de soumission, des éventuelles dérogations accordées et de la façon dont chaque candidat a été sélectionné. En l’absence de preuve de non‑conformité, la décision de la Cour suprême ne constitue pas un motif de retrait automatique des candidatures. Les observateurs politiques soulignent toutefois que la restauration des articles 77 et 84 du texte électoral renforce la transparence du processus de sélection et pourrait entraîner une série de contentieux individuels avant le scrutin de 2027, affectant la dynamique des coalitions et la stratégie des partis au niveau national.