La Cour suprême du Sénégal suspend la licence de Starlink dans l'attente d'une décision sur le fond

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
La Cour suprême du Sénégal suspend la licence de Starlink dans l'attente d'une décision sur le fond

La Cour suprême du Sénégal a ordonné la suspension de la licence d'exploitation de Starlink, filiale de SpaceX, dans le cadre d'une procédure de référé. Cette décision judiciaire, qui intervient en attendant l'examen au fond d'un recours pour excès de pouvoir, marque un coup d'arrêt temporaire aux activités de l'opérateur satellitaire dans le pays.

Un cadre réglementaire sous haute tension

L'arrivée officielle de Starlink au Sénégal en février 2026, après une annonce ministérielle devant l'Assemblée nationale, s'inscrivait dans une stratégie de connectivité nationale. L'État avait notamment négocié l'acquisition de 5 000 kits pour connecter un million de citoyens. Toutefois, l'intégration de cet acteur a été ponctuée de frictions constantes avec l'Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP). Dès 2023, avant même l'obtention de la licence, les autorités avaient multiplié les interventions contre la commercialisation informelle des terminaux.

La lutte contre la revente illégale de connexion

Au-delà de la question de la licence, le modèle économique de Starlink au Sénégal a été fragilisé par des pratiques de revente non autorisées. L'ARTP a multiplié les mises en garde contre le développement de points de « wifi communautaire » utilisant des terminaux Starlink, une activité illégale passible de lourdes sanctions pénales, incluant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et des amendes atteignant 60 millions de francs CFA. Des opérations de police, notamment à Kaolack en août 2026, ont illustré la fermeté des autorités face à ces usages détournés, souvent dénoncés par les opérateurs historiques comme la Sonatel.

Une instabilité tarifaire et juridique

Le climat autour de l'opérateur a également été alourdi par des décisions commerciales controversées. En mai 2026, l'annonce d'une hausse de 43 % du tarif mensuel, portant l'abonnement à près de 43 000 francs CFA, avait suscité une vive opposition des utilisateurs, contraignant l'entreprise à faire machine arrière. La suspension prononcée par la Cour suprême, bien qu'elle ne préjuge pas de l'issue finale du recours, souligne la fragilité juridique de l'autorisation initiale. En droit sénégalais, cette mesure conservatoire vise à geler la situation actuelle jusqu'à ce que la haute juridiction puisse statuer définitivement sur la légalité de l'acte administratif ayant permis l'installation de Starlink sur le territoire.

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