À l’occasion des 150 ans de la Cour suprême du Ghana, un haut magistrat a plaidé pour une plus grande transparence des procédures judiciaires. Dans une intervention télévisée, le juge Kweku Tawiah Ackah-Boafo a suggéré d’envisager la diffusion en direct de certaines audiences afin d’améliorer l’accès du public et la confiance dans le système judiciaire.
Interrogé sur la possibilité d’instaurer des diffusions régulières pour les affaires constitutionnelles majeures, le magistrat a rappelé que les audiences de la Cour suprême restent déjà ouvertes au public. Il a souligné que la transparence est déjà garantie par l’ouverture physique des salles d’audience, permettant à quiconque d’assister aux débats. Cependant, il a reconnu que l’utilisation des technologies numériques pourrait élargir cette accessibilité.
Le débat porte notamment sur l’équilibre entre transparence et dignité des procédures judiciaires. Plusieurs modèles étrangers ont été évoqués pour illustrer cette réflexion. Certains pays, comme l’Afrique du Sud, diffusent l’intégralité de leurs audiences en direct, tandis que d’autres, comme les États-Unis, se limitent à l’audio en temps réel avant de publier les transcriptions. Le Canada et le Royaume-Uni optent quant à eux pour des diffusions en ligne via des plateformes dédiées, sans passage à la télévision nationale.
Selon le texte source, le juge Ackah-Boafo a estimé que le Ghana pourrait s’inspirer de ces approches pour introduire progressivement des diffusions en direct, tout en soulignant les défis à relever. L’investissement dans les infrastructures technologiques et financières nécessaires serait un préalable indispensable. Il a également mis en garde contre une mise en œuvre précipitée, sans adaptation préalable des méthodes de travail de la Cour.
Le magistrat a par ailleurs évoqué les contraintes opérationnelles actuelles de la Cour suprême ghanéenne, souvent confrontée à un volume élevé de dossiers. Contrairement à certains systèmes étrangers où les avocats disposent de temps d’argumentation prolongés, les audiences au Ghana sont soumises à un rythme soutenu, limitant la durée des plaidoiries. Cette organisation pourrait rendre difficile l’intégration de diffusions en direct sans une réévaluation des pratiques.
Une autre préoccupation soulevée concerne le risque de théâtralisation des débats, certains observateurs craignant que les avocats ne privilégient l’effet d’annonce plutôt que la rigueur juridique. Le juge a reconnu ces craintes, rappelant des cas où des plaideurs auraient cherché à impressionner leur clientèle plutôt qu’à convaincre la Cour.
Malgré ces réserves, le magistrat a réaffirmé son soutien à l’idée d’une diffusion sélective des audiences, à condition que les moyens techniques et financiers soient réunis. Il a conclu que cette initiative, si elle était menée à bien, pourrait renforcer la légitimité du système judiciaire auprès des citoyens.