La Cour suprême du Ghana enterre le système des délégués, un séisme pour la démocratie interne

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 25 lectures
La Cour suprême du Ghana enterre le système des délégués, un séisme pour la démocratie interne

La Cour suprême du Ghana a rendu un arrêt historique en déclarant le système des délégués inconstitutionnel, marquant un tournant potentiel pour la démocratie interne des partis politiques et la réduction de l’influence de l’argent dans les élections internes.

Un jugement aux répercussions politiques immédiates

Le 29 juillet, la plus haute juridiction du pays a statué à une large majorité (5 contre 2) que le système des délégués, utilisé pour désigner les candidats présidentiels et parlementaires, contrevenait à la Constitution. Cette décision intervient à un moment charnière, alors que le Ghana réexamine son cadre constitutionnel dans le cadre d’un processus de révision en cours. Les débats sur la démocratisation des partis et la monétisation de la vie politique y occupent une place centrale, comme l’a souligné le Comité de révision constitutionnelle.

Le directeur de la politique d’engagement et des partenariats de l’organisation CDD-Ghana, Dr Kojo Asante, a salué une « décision audacieuse » susceptible de transformer profondément la démocratie interne des partis. Selon lui, ce jugement pourrait accélérer des réformes longtemps attendues, notamment en limitant l’impact de l’argent dans les scrutins internes. La Cour a également ordonné aux partis politiques d’adopter un système permettant à tous leurs membres en règle de voter lors des primaires, sous peine de sanctions si les changements ne sont pas mis en œuvre dans l’année.

Un signal fort pour la gouvernance et l’avenir politique

Dr Asante a qualifié cette décision de « jugement historique », soulignant la pertinence de son calendrier. La Cour a motivé sa décision en insistant sur la nécessité de renforcer la transparence et l’équité dans les processus internes des partis, un enjeu récurrent dans les discussions sur la gouvernance au Ghana. Le juge en chef Paul Baffoe-Bonnie, dont le raisonnement a été salué, a joué un rôle clé dans cette interprétation, selon les observateurs.

Cette décision s’inscrit dans un contexte où la question de la corruption électorale et de l’influence des élites sur les nominations internes agite régulièrement le débat public. Les réformes proposées par le Comité de révision constitutionnelle visent justement à réduire ces dérives, mais leur adoption reste souvent bloquée par des résistances internes. Le verdict de la Cour suprême pourrait donc servir de levier pour débloquer ces blocages, en imposant une feuille de route claire aux partis politiques. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact réel de cette décision sur le paysage politique ghanéen.

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