À moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle brésilienne, la Cour suprême traverse une crise institutionnelle sans précédent. Ce conflit interne, déclenché par des révélations sur une fraude bancaire massive, fragilise l'équilibre des pouvoirs et menace la sérénité du scrutin opposant le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva à Flavio Bolsonaro.
L'affaire Banco Master au cœur des tensions
L'origine de la discorde réside dans la divulgation de messages compromettants entre le banquier Daniel Vorcaro, soupçonné d'une fraude financière colossale ayant entraîné plus de six milliards d'euros de dettes, et le juge Alexandre de Moraes. Ces échanges, révélés par le juge André Mendonça, suggèrent une tentative d'influence sur une enquête judiciaire. Ce dossier est qualifié de « toxique » par les observateurs, la police soupçonnant le banquier d'avoir corrompu divers cercles du pouvoir pour obtenir des faveurs, incluant des virements suspects vers le candidat Flavio Bolsonaro.
Un tribunal divisé sur la direction de la Police fédérale
La crise a pris une tournure concrète avec le sort du directeur de la Police fédérale, Andrei Rodrigues. Le juge Mendonça, nommé par l'ancien président Jair Bolsonaro, a ordonné sa suspension, accusant la police d'espionnage illégal. Cette décision a été immédiatement annulée par le juge Flavio Dino, proche de Lula, avant que le président de la Cour suprême, Edson Fachin, ne suspende l'ensemble de ces mesures contradictoires. Le magistrat a exigé des clarifications sous 48 heures et a convoqué une réunion plénière pour le 15 septembre afin de tenter de restaurer l'ordre au sein de l'institution.
L'inquiétude des acteurs économiques et sociaux
Alors que les sondages placent les deux candidats au coude-à-coude, les accusations d'ingérence judiciaire se multiplient. Flavio Bolsonaro dénonce une tentative de victoire « sur tapis vert », tandis que le président Lula appelle à une transparence totale sur les enquêtes en cours. Face à cette instabilité, environ 3 000 organisations patronales ont exprimé leur vive préoccupation. Elles alertent sur le risque qu'une remise en question de la légitimité des juges ne déstabilise durablement la paix sociale et la confiance dans les institutions démocratiques du pays.