La Cour suprême des États-Unis a mis un coup d'arrêt aux tentatives de l'administration Trump visant à restreindre le vote par correspondance à l'approche des élections de mi-mandat. Cette décision permet aux États de maintenir leurs procédures électorales habituelles, écartant ainsi une menace directe sur l'organisation du scrutin alors que les opérations de vote ont déjà débuté dans certaines régions.
L'échec d'une réforme administrative controversée
Le cœur du litige portait sur un décret présidentiel signé en mars 2026, qui imposait au service postal américain (USPS) de concevoir de nouvelles enveloppes à codes-barres. Cette mesure visait à centraliser le contrôle des bulletins au niveau fédéral et à exiger des États la transmission de listes électorales à plusieurs agences gouvernementales, dont le département de la Sécurité intérieure. En cas de non-conformité avec ces nouveaux standards, l'USPS aurait été habilité à rejeter les bulletins. La Cour suprême a finalement refusé de lever l'injonction prononcée en juin par la juge Indira Talwani, estimant que la tentative de l'administration de restreindre ce mode de vote avait peu de chances d'aboutir sur le fond.
Un enjeu majeur pour la participation électorale
Le vote par correspondance, pratiqué depuis des décennies, représente aujourd'hui environ un tiers des suffrages exprimés aux États-Unis. Huit États, dont la Californie et l'Oregon, ainsi que le district de Columbia, ont d'ailleurs généralisé cette pratique pour l'ensemble de leurs élections. Les données de la Brookings Institution soulignent que les cas de fraude avérés restent extrêmement marginaux, avec seulement quatre incidents recensés pour dix millions de votes. Malgré ces faits, le président Trump a régulièrement remis en cause la fiabilité de ce système, le qualifiant de vecteur de fraude, tout en ayant lui-même recours au vote par courrier lors de précédentes échéances.
Conséquences immédiates sur le processus électoral
La décision de la Cour suprême, bien que brève, apporte une clarification juridique nécessaire en pleine période électorale. Alors que des États comme l'Alabama, la Caroline du Nord et le Wisconsin ont déjà commencé à distribuer les bulletins, une annulation de l'injonction aurait provoqué un chaos logistique majeur et risqué de priver des millions d'électeurs de leur droit de vote. Si le juge Brett Kavanaugh, nommé par Donald Trump, a rejoint la majorité, il a laissé entendre qu'il pourrait être ouvert à un examen ultérieur de la politique de l'administration. Pour l'heure, le maintien du statu quo protège l'intégrité du processus de vote par correspondance pour les élections de mi-mandat en cours.