La Cour suprême des États-Unis a tranché en faveur de l'administration Trump, autorisant l'accès à une base de données fédérale pour vérifier le statut de citoyenneté des électeurs inscrits. Cette décision, prise à la majorité par les juges, annule une injonction judiciaire qui bloquait jusqu'alors l'utilisation du programme SAVE à des fins électorales.
Le recours au programme SAVE
Le cœur du litige porte sur l'utilisation du système Systematic Alien Verification for Entitlements (SAVE), un outil du département de la Sécurité intérieure initialement conçu pour déterminer l'éligibilité aux prestations sociales. En autorisant son usage pour le contrôle des listes électorales, la Cour suprême estime que le gouvernement fédéral a l'obligation de répondre aux demandes des autorités locales souhaitant vérifier la citoyenneté des votants. Cette décision lève les restrictions imposées par une juridiction inférieure, qui avait précédemment alerté sur les risques d'erreurs pouvant conduire à la radiation indue de citoyens américains.
Un débat sur l'intégrité électorale
Pour le procureur général Todd Blanche, cette décision constitue une avancée majeure pour l'intégrité du processus électoral, permettant aux États d'écarter les électeurs non autorisés. Cette position s'inscrit dans une rhétorique portée depuis plusieurs années par Donald Trump, qui soutient régulièrement que des non-citoyens participent aux scrutins nationaux. À l'inverse, les trois juges libéraux de la Cour ont exprimé leur désaccord, soulignant les enjeux liés au droit de vote et à la protection des données personnelles des citoyens.
Une portée limitée pour les élections à venir
Malgré l'importance politique du sujet, les experts électoraux tempèrent l'impact concret de cette mesure sur les prochaines élections de mi-mandat. La plupart des États américains interdisent en effet toute purge des listes électorales dans les 90 jours précédant un scrutin. Rick Hasen, professeur de droit à l'Université de Californie à Los Angeles, souligne que cette décision aura probablement un effet limité sur le terrain, rejoignant l'avis des juges sur la portée restreinte de cette affaire par rapport à d'autres enjeux électoraux récents, notamment ceux concernant le vote par correspondance.