Le procès de l'ancien magistrat Algassimou Diallo s'est ouvert à huis clos devant la Cour suprême de Guinée. Inculpé pour association de malfaiteurs et provocation à la haine, ce dossier cristallise les tensions entre le pouvoir en place et les voix dissidentes dans un contexte de répression politique accrue.
Un magistrat au cœur d'une procédure judiciaire
Algassimou Diallo, figure connue de l'appareil judiciaire guinéen pour avoir dirigé le parquet lors du procès historique du massacre du 28 septembre 2009, fait désormais face à la justice. Révoqué fin août par le Conseil supérieur de la magistrature pour des « manquements graves », il a été placé en détention le 27 août. Les autorités lui reprochent des échanges de messages hostiles au pouvoir avec l'ancien Premier ministre et opposant en exil, Cellou Dalein Diallo. De son côté, ce dernier nie formellement toute relation ou communication avec l'accusé.
Les enjeux d'un renvoi d'audience
Lors de cette première audience tenue vendredi, la défense a sollicité un report du procès à la rentrée judiciaire, prévue début octobre. La Cour suprême, qui a renvoyé les débats au mardi suivant, devra statuer sur cette demande de délai. Cette affaire intervient dans un climat politique marqué par la suspension des partis d'opposition et une multiplication des arrestations, des exils forcés et des disparitions de figures critiques depuis l'arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya en 2021.
Un climat de répression sous surveillance
L'inculpation d'un ancien magistrat de haut rang souligne la fragilité de l'indépendance judiciaire dans le pays. Alors que les autorités guinéennes réfutent systématiquement toute implication dans les cas d'enlèvements et de disparitions forcées signalés ces dernières années, le sort d'Algassimou Diallo est suivi de près. Ce procès, par la qualité de l'accusé et la nature des charges retenues, illustre les risques encourus par ceux qui, au sein même de l'appareil d'État, sont soupçonnés de maintenir des liens avec l'opposition politique.