Alors que les fonctionnaires appellent à la grève pour réclamer une revalorisation de leurs salaires, la Cour des comptes alertait récemment sur la nécessité d’économiser au moins 20 milliards d’euros annuels sur la masse salariale publique, qui atteint 362 milliards d’euros. Ce montant, qui représente près de 22 % des dépenses publiques, continue de progresser malgré le gel du point d’indice, en raison des hausses ciblées, des promotions et de l’effet naturel des carrières.
Un gel du point d’indice insuffisant pour contenir la masse salariale
Le gouvernement prévoit de nouveau de geler le point d’indice en 2027, une mesure qui devrait économiser environ 2 milliards d’euros. Cependant, la Cour des comptes souligne que cette mesure seule ne suffit pas à réduire la masse salariale, qui progresse encore grâce aux avancements automatiques dans les échelons, aux promotions et aux revalorisations spécifiques. Entre 2012 et 2024, ces mécanismes ont généré environ 12 milliards d’euros de hausses dans la fonction publique d’État.
Des rémunérations qui progressent malgré l’inflation
La Cour utilise l’indicateur de la « rémunération moyenne des personnes en place » (RMPP) pour mesurer l’évolution salariale des agents au fil du temps. Entre 2012 et 2023, cette rémunération nette a progressé de 15,1 % dans la fonction publique d’État, de 1,5 % dans la territoriale et de 23,4 % dans l’hospitalière, après déduction de l’inflation. Ces gains sont attribués à la progression des carrières, aux primes et aux revalorisations ciblées.
Des leviers structurels pour réduire les dépenses
Pour atteindre ses objectifs d’économie, la Cour des comptes propose notamment de ne pas remplacer une partie des départs à la retraite, ce qui concernerait 220 000 agents dans l’État et 140 000 dans les collectivités territoriales. Elle recommande également de réduire l’absentéisme, d’aligner le temps de travail sur la durée légale, et d’instaurer une « sous-indexation concertée et pluriannuelle » du point d’indice, permettant aux rémunérations de progresser plus lentement que l’inflation tout en réservant les hausses aux métiers en tension.
Un contexte tendu avant la présentation du budget 2027
À deux jours de la présentation du projet de budget pour 2027, plus de 150 rassemblements sont prévus dans 91 départements. Les syndicats réclament une revalorisation générale du point d’indice, son indexation sur l’inflation, le retour de la garantie individuelle du pouvoir d’achat, ainsi que davantage de moyens et d’effectifs dans les services publics. Face à ces revendications, le gouvernement doit équilibrer ses priorités budgétaires tout en gérant une dette publique qui pourrait dépasser 6,5 % du PIB sans mesures nouvelles.