La Cour des comptes dénonce l'inefficacité stratégique de la France dans l'application de la PAC européenne

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 29 lectures
La Cour des comptes dénonce l'inefficacité stratégique de la France dans l'application de la PAC européenne

La Cour des comptes a sévèrement critiqué la stratégie française de mise en œuvre de la Politique agricole commune (PAC), jugeant le cadre actuel inadapté aux défis de transformation du secteur. Malgré une enveloppe annuelle de neuf milliards d'euros de fonds européens, l'institution pointe une absence de vision stratégique capable de concilier performance économique et impératifs environnementaux.

Une gestion budgétaire sans ambition stratégique

Depuis 2023, les États membres de l'Union européenne bénéficient d'une plus grande marge de manœuvre dans l'application de la PAC. La Cour des comptes estime que la France a manqué cette opportunité de réorientation. Les outils budgétaires, qui représentent 56 % des subventions publiques agricoles du pays, demeurent principalement concentrés sur le soutien aux revenus sans constituer de véritables leviers économiques. Cette approche statique est jugée d'autant plus préoccupante que les finances publiques sont sous tension et que le secteur agricole fait face à des contraintes croissantes.

Dégradation de la balance commerciale et stagnation productive

Le rapport souligne une réalité économique préoccupante : la production agricole française stagne tandis que le solde commercial se dégrade, devenant pour la première fois négatif vis-à-vis de l'Union européenne en 2024. Cette situation oblige l'État à intervenir régulièrement via le budget national pour compenser les pertes lors des crises. Pour inverser cette tendance, les magistrats préconisent un système d'aides plus dynamique, axé sur l'investissement, la gestion des risques et le soutien à l'installation des jeunes agriculteurs, avec des mécanismes dégressifs liés à la performance.

Le conflit persistant entre économie et écologie

L'évaluation pointe également l'échec des dispositifs environnementaux actuels. La Cour dénonce des « écorégimes » jugés peu exigeants et sans impact réel sur les pratiques agricoles, ainsi que la suppression de l'aide au maintien de l'agriculture biologique. Selon l'institution, le plan français actuel reflète une juxtaposition conflictuelle entre objectifs économiques et écologiques plutôt qu'une stratégie cohérente de « résilience productive ». Elle recommande désormais de concentrer les mesures agro-environnementales sur les territoires prioritaires et de réallouer les crédits disponibles pour soutenir plus efficacement la transition écologique du modèle agricole national.

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