La Cour de cassation tunisienne examine le dossier des opposants condamnés pour complot

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
La Cour de cassation tunisienne examine le dossier des opposants condamnés pour complot

La Cour de cassation tunisienne examine ce jeudi 3 septembre le recours déposé par 34 personnalités politiques, condamnées en appel en novembre 2025 pour complot contre la sûreté de l'État. Cette audience, tenue en pleine période de vacances judiciaires, suscite une vive inquiétude chez les familles des détenus et les avocats, qui dénoncent une précipitation procédurale entravant le droit à une défense équitable.

Un calendrier judiciaire contesté

La tenue de cette audience a pris de court les conseils des prévenus. Plusieurs avocats ont publiquement critiqué la programmation de ce rendez-vous judiciaire, soulignant qu'elle ne leur a pas laissé le temps nécessaire pour préparer sereinement leurs arguments. Pour rappel, la Cour de cassation n'a pas pour mission de rejuger le fond du dossier, mais de vérifier la conformité des décisions précédentes avec les règles de droit et les procédures en vigueur.

Des figures de l'opposition au cœur du dossier

L'affaire, qui a débuté par des arrestations en 2023, concerne des personnalités de premier plan de la scène politique tunisienne, dont l'ancien ministre Ghazi Chaouachi, le juriste Jawhar Ben Mbarek, l'ancien haut fonctionnaire Ridha Belhaj et la militante Chaïma Issa. Après une première instance ayant condamné 37 personnes au printemps 2025, les peines confirmées en appel varient de 5 à 45 ans de prison, marquant une étape majeure dans la répression de l'opposition actuelle.

Le scepticisme des familles et des observateurs

Face à l'institution judiciaire, le sentiment dominant parmi les proches des détenus est celui d'une profonde méfiance. Haifa Chebbi, avocate et fille de l'opposant Ahmed Nejib Chebbi, a exprimé publiquement son absence d'attente quant à une éventuelle libération, pointant du doigt le contexte politique et social actuel. Ce climat de défiance est partagé par des organisations internationales comme Amnesty International, qui qualifie le procès d'inique. L'ONG dénonce des violations répétées des garanties procédurales et alerte sur les conditions de détention des opposants, rendues particulièrement éprouvantes par les récentes vagues de chaleur.

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