La Côte d'Ivoire s'impose comme le deuxième investisseur étranger au Burkina Faso en 2024

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 32 lectures
La Côte d'Ivoire s'impose comme le deuxième investisseur étranger au Burkina Faso en 2024

Le paysage des investissements directs étrangers (IDE) au Burkina Faso a connu une reconfiguration notable en 2024, marquée par le positionnement stratégique de la Côte d'Ivoire. Ce rapprochement économique, illustré par des flux financiers bilatéraux significatifs, offre une photographie précise des interdépendances régionales juste avant l'entrée en vigueur de nouveaux cadres de coopération au sein de l'Alliance des États du Sahel.

La montée en puissance des capitaux ivoiriens

À la clôture de l'exercice 2024, la Côte d'Ivoire s'est hissée au deuxième rang des investisseurs étrangers au Burkina Faso, avec un stock d'IDE atteignant 284,7 milliards de FCFA, soit 12,2 % du total. Cette performance place Abidjan devant la Russie, qui totalise 257 milliards de FCFA, et derrière le Canada, qui conserve la tête du classement avec 534,9 milliards de FCFA, représentant 22,9 % des investissements. Le Maroc complète ce tableau avec 102,8 milliards de FCFA.

Une dynamique d'investissement réciproque

L'intégration économique entre les deux nations ne se résume pas à la présence ivoirienne à Ouagadougou. Les investisseurs burkinabè ont également intensifié leurs placements à l'étranger, le stock total passant de 127,2 milliards de FCFA en 2023 à 161,7 milliards en 2024. La Côte d'Ivoire constitue la destination privilégiée de ces capitaux, absorbant 87,5 milliards de FCFA, soit 54,1 % du stock d'investissements directs du Burkina Faso à l'extérieur, loin devant la Guinée, le Sénégal et le Togo.

Le secteur minier, moteur des flux financiers

Globalement, le stock d'IDE entrants au Burkina Faso s'est établi à 2 336,3 milliards de FCFA en 2024, enregistrant un repli de 5 % sur un an, principalement dû à une contraction des apports sous forme de dette et de fonds propres. Le secteur minier demeure le pilier central de cette attractivité, concentrant 1 565,9 milliards de FCFA, soit 66,1 % de l'encours total. L'intermédiation financière, l'industrie et le commerce se partagent le reste des investissements.

Un socle économique avant la transition régionale

Ces données constituent un état des lieux crucial, établi juste avant le retrait officiel du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO, acté le 29 janvier 2025. Alors que l'Alliance des États du Sahel amorce une nouvelle phase de coopération, ces chiffres illustrent l'intensité des liens économiques préexistants. Si la sortie de l'organisation régionale impose des ajustements, le maintien provisoire de certaines dispositions facilitant la circulation des biens et des personnes par la CEDEAO vise à limiter les perturbations dans ces échanges structurants pour l'économie burkinabè.

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