Face à l'urgence environnementale et sécuritaire, les autorités préfectorales ivoiriennes ont pris l'engagement formel de mettre fin à l'orpaillage illégal sur l'ensemble du territoire national d'ici six mois. Cette décision, actée lors d'un atelier de concertation à Yamoussoukro, marque un tournant dans la stratégie de l'État pour protéger les ressources naturelles et les écosystèmes du pays.
Une coordination territoriale renforcée
Sous l'égide du Conseil national de sécurité, cette initiative réunit plusieurs départements ministériels, dont ceux de l'Intérieur, de l'Environnement et des Eaux et Forêts. Le corps préfectoral, pivot de l'action publique locale, a été placé au cœur du dispositif. Les échanges ont permis d'harmoniser les méthodes d'intervention, de partager les retours d'expérience du terrain et d'identifier les obstacles logistiques qui freinaient jusqu'ici l'efficacité des opérations de démantèlement.
Technologie et renseignement au service de la surveillance
Pour atteindre cet objectif ambitieux, les autorités misent sur une montée en puissance des capacités opérationnelles. Le renforcement du renseignement et des systèmes d'alerte précoce est désormais une priorité. À titre d'exemple, le département de l'Indénié-Djuablin a déjà intégré l'usage de drones, effectuant des survols hebdomadaires pour détecter en temps réel toute nouvelle installation clandestine. Cette approche technologique vise à garantir une réactivité immédiate des forces de l'ordre face aux activités illicites.
Réhabilitation des sites et coopération régionale
Au-delà de la répression, la stratégie intègre une dimension de réparation environnementale. Les participants ont préconisé le recours aux programmes de Travaux à Haute Intensité de Main-d’œuvre (THIMO) pour restaurer les terres dégradées par l'extraction aurifère sauvage. Par ailleurs, la lutte s'étendra au-delà des frontières nationales : une coopération accrue avec les pays voisins est envisagée pour protéger les cours d'eau transfrontaliers, souvent victimes de la pollution chimique liée à l'orpaillage.
L'exigence de fermeté institutionnelle
Fidèle Sarassoro, secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité, a insisté sur la nécessité d'une application rigoureuse des sanctions. La réussite de ce plan d'action repose sur une discipline collective et une célérité décisionnelle accrue. L'enjeu est de taille pour le gouvernement ivoirien, qui entend mettre un terme aux activités de réseaux organisés dont les pratiques compromettent durablement la préservation des forêts et la qualité des ressources hydriques du pays.