La Côte d'Ivoire a officiellement fixé l'horizon 2035 pour s'imposer comme l'un des principaux producteurs d'or en Afrique. En s'appuyant sur l'opérationnalisation de la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP), Abidjan entend restructurer son secteur minier pour dépasser ses voisins sahéliens et contester, à terme, la domination du Ghana sur le marché continental.
Une montée en puissance industrielle confirmée
La stratégie ivoirienne s'inscrit dans une dynamique de diversification économique visant à réduire la dépendance historique du pays aux exportations agricoles, notamment le cacao. Entre 2015 et 2024, la production aurifère nationale a enregistré une croissance spectaculaire de plus de 150 %, passant de 23,54 tonnes à plus de 59 tonnes par an. Cette progression est soutenue par une multiplication des sites d'exploitation, passés de quatre à treize sur la même période, avec des réserves exploitables estimées à 600 tonnes.
Le défi de la compétitivité régionale
Pour atteindre ses objectifs, la Côte d'Ivoire devra combler un écart significatif avec les leaders actuels de la sous-région. En 2025, le Burkina Faso et le Mali ont produit respectivement 94 tonnes et 82,9 tonnes d'or, consolidant leurs positions malgré des contextes sécuritaires complexes. Ces deux pays ont récemment renforcé le contrôle étatique sur leurs ressources minières via des révisions de leurs codes miniers, une tendance que la Côte d'Ivoire observe avec attention alors qu'elle cherche à attirer davantage d'investisseurs internationaux.
Le rôle des nouveaux gisements
La trajectoire de croissance ivoirienne est illustrée par l'entrée en service de la mine de Lafigué, exploitée par Endeavour Mining. Ce projet, situé au nord du pays, constitue un levier majeur pour augmenter le volume de production annuel. Selon les projections, la production nationale devrait atteindre environ 62 tonnes en 2025. Si le pays occupe actuellement la huitième place du classement africain, les autorités misent sur cette accélération industrielle pour gravir les échelons d'un marché continental qui contribue à hauteur d'environ 1 000 tonnes par an à la production mondiale.