En amont de la Déclaration de Politique Générale 2026, la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Education Publique (COSYDEP) interpelle les autorités sénégalaises sur l'urgence de moderniser le cadre normatif du secteur éducatif. L'organisation plaide pour une refonte structurelle articulée autour de l'obligation scolaire, de la loi d'orientation et de la protection juridique des mineurs.
Vers une obligation scolaire effective et inclusive
La COSYDEP souligne que l'obligation scolaire ne doit plus être une simple proclamation, mais une réalité opérationnelle. Pour la coalition, garantir le droit à l'éducation exige une planification rigoureuse des ressources, incluant le recrutement d'enseignants, la dotation en équipements et la mise en place de services essentiels comme le transport et l'alimentation scolaire. Une attention particulière est réclamée pour les enfants en situation de vulnérabilité, notamment ceux vivant avec un handicap, issus de milieux précaires ou exposés aux risques de déscolarisation tels que le travail des enfants et les mariages précoces.
Actualisation de la loi d'orientation de 1991
Le cadre législatif actuel, hérité de 1991, est jugé obsolète face aux mutations sociétales et technologiques. La COSYDEP appelle à une nouvelle loi d'orientation capable d'intégrer les enjeux contemporains : l'essor du numérique et de l'intelligence artificielle, les défis climatiques, ainsi que les nouvelles exigences du marché du travail. Cette réforme vise à harmoniser les nombreuses initiatives éparses engagées ces dernières années au sein d'un cadre cohérent, garantissant ainsi la continuité et l'évaluation efficace des politiques éducatives nationales.
Institutionnalisation d'un Code de l'enfant
Le troisième pilier des recommandations concerne l'adoption d'un Code de l'enfant pour sanctuariser l'environnement scolaire. Face à la recrudescence des violences physiques, psychologiques et des risques liés à l'espace numérique, la coalition estime que l'apprentissage est indissociable de la sécurité. Ce Code aurait pour mission d'harmoniser les mécanismes de protection existants et de définir clairement les responsabilités respectives de l'État, des collectivités territoriales et des familles. L'objectif est de placer l'intérêt supérieur de l'enfant au cœur du dispositif, en le protégeant contre toute forme d'exploitation ou de discrimination, condition sine qua non de sa réussite scolaire.