La Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Education Publique (COSYDEP) interpelle les autorités sénégalaises en amont de la Déclaration de Politique Générale 2026. L'organisation plaide pour une refonte profonde du cadre normatif afin de garantir une scolarité effective et une protection renforcée des élèves face aux défis contemporains.
Vers une obligation scolaire opérationnelle
La COSYDEP souligne que la simple proclamation de l'obligation scolaire est insuffisante sans une structuration concrète des responsabilités étatiques. La coalition exige une définition claire des moyens alloués aux infrastructures, au recrutement des enseignants, aux équipements pédagogiques ainsi qu'à la logistique liée au transport et à l'alimentation scolaire. Une attention particulière est réclamée pour les populations vulnérables, incluant les enfants en situation de handicap, les mineurs travailleurs, les jeunes filles exposées aux grossesses précoces ou encore les enfants vivant dans des zones enclavées ou touchées par des crises.
Actualisation de la loi d'orientation de 1991
Le cadre législatif actuel, hérité de 1991 et partiellement modifié en 2004, est jugé obsolète par la coalition. Face aux mutations démographiques, à l'émergence de l'intelligence artificielle et aux impératifs du changement climatique, la COSYDEP appelle à l'adoption d'un nouveau texte. Cette mise à jour vise à aligner les finalités de l'éducation nationale sur les exigences du marché du travail moderne tout en assurant une meilleure cohérence et une évaluation rigoureuse des réformes engagées.
Institutionnalisation d'un Code de l'enfant
Le troisième pilier de cette proposition repose sur la création d'un Code de l'enfant dédié. Ce dispositif juridique aurait pour mission de sanctuariser l'intérêt supérieur du mineur en le protégeant contre les violences physiques, psychologiques, les abus sexuels et les risques inhérents à l'environnement numérique. Ce code permettrait de clarifier les responsabilités respectives de l'État, des collectivités territoriales, des familles et des établissements scolaires. À noter que cette réflexion s'inscrit dans un contexte de réformes sectorielles, illustré par l'adoption en Conseil des ministres, le 6 mai 2026, de la réforme du Certificat de fin d'études élémentaires.