L’ancien haut représentant de l’Union africaine pour la campagne « Silencing the Guns » alerte sur les dangers systémiques de la corruption, soulignant qu’elle mine les fondements mêmes des démocraties et du développement durable.
Corruption : un fléau aux multiples visages
Dans une intervention lors d’une conférence à Accra, l’expert a dressé un constat sans appel : la corruption, lorsqu’elle devient une norme sociale, condamne les sociétés à l’échec démocratique et au sous-développement. Ses conséquences dépassent largement le détournement de fonds publics. Elle contamine les écosystèmes en polluant les ressources naturelles, fragilise les institutions publiques et décourage les investissements étrangers. Par ailleurs, elle creuse les inégalités et sape la confiance des citoyens envers leurs dirigeants, fragilisant ainsi la cohésion nationale.
Face à cette menace multidimensionnelle, l’orateur a rejeté l’idée que la répression pénale seule puisse suffire. Selon lui, les mécanismes judiciaires, bien que nécessaires, ne traitent que les symptômes d’un mal plus profond. La solution réside dans une transformation culturelle, où l’intégrité ne s’improvise pas au moment d’accéder à une fonction publique, mais se construit dès l’enfance.
L’école, laboratoire de la citoyenneté responsable
L’ancien diplomate a plaidé pour une refonte des systèmes éducatifs, plaçant l’éthique au cœur des apprentissages. Les valeurs de justice, de responsabilité et de respect des biens communs doivent être inculquées dès le plus jeune âge, à travers des programmes scolaires structurés. Apprendre à l’enfant à refuser la tricherie, à valoriser l’honnêteté et à protéger les ressources publiques revient à former des adultes capables de servir l’intérêt général plutôt que leurs intérêts particuliers.
Cette approche éducative, qualifiée de stratégie anti-corruption à long terme, offre une alternative durable aux mesures coercitives. Elle prépare les générations futures à assumer leur rôle de gardiens de la démocratie, bien au-delà des cadres constitutionnels ou des institutions électorales. Pour le conférencier, le véritable défi des nations africaines ne réside pas seulement dans l’adoption de lois, mais dans la capacité à cultiver des citoyens engagés, tolérants et comptables de leurs actes.
En conclusion, il a appelé à une mobilisation collective pour bâtir une société où la jeunesse, formée à l’éthique et à la justice, deviendra le socle d’une gouvernance transparente et inclusive. Une démocratie, a-t-il rappelé, ne se transmet pas : elle se construit chaque jour par l’action et l’exemplarité de ses citoyens.