La Corée du Sud a instauré un nouveau barème de subventions pour les véhicules électriques, conditionnant l'aide publique à des critères stricts d'ancrage industriel local. Cette politique vise à favoriser les constructeurs nationaux tout en incitant les acteurs étrangers à renforcer leur écosystème de services et de production sur le sol coréen.
Un barème exigeant pour les constructeurs étrangers
Depuis avril, l'accès aux aides publiques, oscillant entre 5,3 et 5,8 millions de wons par véhicule, est soumis à une évaluation sur cent points. Pour être éligibles, les constructeurs doivent désormais répondre à sept critères précis, incluant la contribution à l'emploi domestique, la présence de centres de recherche, la densité du réseau après-vente et la sécurité des batteries. Cette mesure s'accompagne, depuis juillet, d'une obligation d'assurance spécifique contre les risques d'incendie liés aux batteries, renforçant les exigences de conformité pour tous les acteurs du marché.
L'avantage structurel des champions nationaux
Ce système de notation avantage mécaniquement les constructeurs locaux comme Hyundai et Kia. Des modèles tels que l'Ioniq 6 ou l'EV3 bénéficient pleinement de leur fabrication domestique, contrairement aux importations. Par le passé, Tesla avait capté une part significative des subventions publiques, notamment via son Model Y importé de Chine. Si les autorités coréennes ne cherchent pas à évincer le constructeur américain, elles imposent désormais une stratégie d'investissement local plus marquée pour maintenir la compétitivité tarifaire de ses véhicules sur le marché coréen.
Une régulation sélective du marché
La sévérité du dispositif a déjà conduit à des exclusions notables, à l'instar du constructeur chinois BYD, écarté du programme en juillet pour ne pas avoir atteint le score minimal de 60 points. Tesla Korea, pour sa part, a réussi à se maintenir dans le dispositif aux côtés de neuf autres constructeurs. Malgré ces nouvelles barrières réglementaires, la demande pour les véhicules de la marque américaine reste soutenue, avec des ventes dépassant les 10 000 unités par mois sur les cinq derniers mois, témoignant de la résilience de son attractivité commerciale face aux évolutions de la politique industrielle sud-coréenne.