La ville d'Antalya, en Turquie, s'apprête à accueillir la COP31 le 9 novembre prochain, réunissant 197 nations dans un contexte de records de températures mondiales. Sous la co-organisation de la Turquie et de l'Australie, ce sommet se concentrera sur des engagements volontaires, notamment en matière d'électrification, tout en faisant face à des tensions persistantes sur le financement de l'aide climatique et la sortie des combustibles fossiles.
Le pari de l'électrification face à la dépendance énergétique
La Turquie et l'Australie placent l'électrification au cœur de leur agenda, avec pour objectif de porter la part de l'électricité dans la demande énergétique finale de 20 % à 35 % d'ici 2035. Cette stratégie vise à réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles, une priorité accrue par les récents chocs énergétiques mondiaux. Toutefois, des experts soulignent une faille majeure : l'absence de garanties sur la décarbonation de la production électrique, alors qu'un tiers de l'électricité mondiale provient encore du charbon.
Le blocage persistant sur les combustibles fossiles
La question de la sortie des énergies fossiles, bien qu'essentielle, demeure absente de l'ordre du jour officiel faute de consensus international. En réponse à cette impasse, le Brésil prévoit de publier une feuille de route volontaire. La frustration monte au sein d'un groupe d'environ 60 pays, qui ont déjà organisé des pourparlers dissidents en marge du processus onusien, illustrant la fracture entre les nations exigeant une action radicale et le cadre formel des négociations.
Financements climatiques et solidarité internationale
Les inondations dévastatrices au Népal ont replacé la question du financement climatique au centre des débats. Les pays les plus vulnérables réclament une augmentation substantielle de l'aide financière de la part des grands pollueurs historiques pour soutenir leur transition énergétique et leur résilience. Murat Kurum, futur président de la COP31, a désigné la réduction du déficit de financement comme une priorité, positionnant la Turquie comme un médiateur entre les économies développées et celles en développement.
L'incertitude sur l'organisation de la COP33
En marge des discussions techniques, la question du pays hôte pour la COP33 en 2028, qui marquera un bilan mondial crucial des progrès climatiques, sera scrutée. Après le retrait de l'Inde, la Chine se positionne comme un candidat potentiel. Une telle perspective, dans un climat de tensions géopolitiques, promet d'animer les échanges en coulisses à Antalya, alors que Pékin cherche à renforcer son image de leader climatique sur la scène internationale.