La conférence des parties (COP17) sur la lutte contre la désertification s'est ouverte le 17 août à Oulan-Bator, en Mongolie. Cet événement réunit des représentants de 197 États et plus de 400 organisations pour transformer la gestion des sols en un levier stratégique de stabilité économique et alimentaire mondiale.
Un risque systémique pour la stabilité mondiale
La dégradation des terres n'est plus une simple préoccupation environnementale, mais un défi sécuritaire majeur. Près de 3,5 milliards de personnes sont aujourd'hui affectées par l'appauvrissement des sols, un phénomène qui alimente la pauvreté, les migrations de masse et les tensions géopolitiques. La secrétaire exécutive de la CNULCD, Yasmin Foudh, a souligné que les sécheresses, dont la fréquence a augmenté de deux tiers depuis l'an 2000, menacent désormais directement le commerce international, l'approvisionnement énergétique et la sécurité hydrique, avec une demande en eau qui devrait dépasser les disponibilités de 40 % d'ici 2030.
La Mongolie, laboratoire de la résilience
Le choix de la Mongolie comme pays hôte illustre l'urgence de la situation : 77 % de son territoire est touché par la désertification, avec une hausse des températures moyennes de 2 degrés Celsius en huit décennies. Le pays a fait de la lutte contre l'avancée des sables une priorité nationale, intégrant des mesures de reforestation et de gestion durable des pâturages dans ses plans de développement. Ces initiatives, telles que le mouvement national « Billion Trees », servent de modèle pour démontrer que des politiques publiques volontaristes peuvent freiner la dégradation des écosystèmes.
Le levier du financement privé
L'un des enjeux majeurs de cette COP17 est la mobilisation des capitaux privés pour financer la restauration des terres. Si les besoins mondiaux sont estimés à 6 500 milliards de dollars par an, les experts soulignent la rentabilité des projets verts : chaque dollar investi dans la restauration des sols peut générer entre 7 et 30 dollars de retombées économiques. Plus de 300 entreprises sont présentes à Oulan-Bator pour transformer les plans de gestion nationaux en projets finançables. À ce jour, plus de 100 pays cherchent à concrétiser des projets représentant un potentiel de 2 milliards de dollars, visant à restaurer un milliard d'hectares d'ici 2030.
Une plateforme d'échange multilatérale
Au-delà des engagements financiers, la COP17 se distingue par sa volonté d'inclure les savoirs locaux. Plus de 500 représentants de communautés autochtones, venus de l'Amazonie, de l'Afrique et des steppes asiatiques, participent aux échanges pour partager des solutions de terrain. Cette dynamique collaborative, rythmée par plus de 400 événements scientifiques et culturels, vise à renforcer la résilience des populations les plus vulnérables, qui représentent 85 % des personnes touchées par la perte de terres arables.