La COP17 à Erevan face à l'urgence d'une correction de trajectoire pour la biodiversité mondiale

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 20 lectures
La COP17 à Erevan face à l'urgence d'une correction de trajectoire pour la biodiversité mondiale

Le sommet de la biodiversité COP17, qui se tiendra à Erevan, marque une étape décisive pour près de 200 nations engagées dans l'Accord de Paris pour la nature. Alors que les objectifs fixés pour 2030 peinent à se concrétiser, les dirigeants mondiaux sont appelés à passer de la simple promesse politique à une mise en œuvre opérationnelle rigoureuse.

Un bilan mondial en demi-teinte

Depuis l'adoption du pacte sur la biodiversité en 2022, les progrès collectifs restent insuffisants pour enrayer la dégradation des écosystèmes. Si l'objectif « 30x30 » — protéger 30 % des terres et des océans d'ici 2030 — sert de boussole, les projections actuelles sont loin du compte : les engagements nationaux ne couvriraient que 27 % des terres et seulement 12 % des océans. Ce constat, dressé par la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, souligne l'urgence d'une accélération drastique des politiques nationales.

Le défi du financement et des subventions

La question financière cristallise les tensions. Les États accusent un retard significatif sur l'objectif de 200 milliards de dollars annuels de financements dédiés à la biodiversité d'ici 2030. Parallèlement, le secteur privé peine à s'impliquer : le Fonds de Cali, conçu pour mobiliser un milliard de dollars par an, n'a récolté qu'une fraction dérisoire de ses ambitions. Plus préoccupant encore, le système économique mondial continue de privilégier des activités destructrices : pour chaque dollar investi dans la protection de la nature, environ 30 dollars sont alloués à des secteurs qui dégradent les sols, l'eau et les écosystèmes.

Réformer les incitations économiques

La réorientation des subventions publiques, qui s'élèvent à 2 600 milliards de dollars par an, est devenue une priorité pour de nombreux acteurs, dont un collectif de 130 entreprises et institutions financières. Ces dernières pressent les gouvernements de mettre fin aux incitations nuisibles, notamment dans l'agriculture et les énergies fossiles. À Erevan, la capacité des décideurs à s'accorder sur ces réformes structurelles sera le véritable test de leur volonté politique, dans un contexte de tensions géopolitiques qui fragilisent la coopération multilatérale nécessaire à la survie des écosystèmes terrestres.

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