La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a intensifié ses opérations de contrôle sur le territoire burkinabè, aboutissant à la saisie de marchandises illicites d'une valeur totale de 86 430 000 francs CFA en moins de trois semaines. Ces interventions, menées entre le 24 août et le 10 septembre 2026, visent à assainir les circuits commerciaux tout en neutralisant des menaces sécuritaires majeures.
Démantèlement de réseaux de contrebande
Les services de la CNLF ont multiplié les saisies de produits de consommation courante introduits frauduleusement sur le marché national. Les opérations ont principalement ciblé des axes routiers stratégiques, notamment entre Tenkodogo et Koupéla, où d'importantes quantités de boissons alcoolisées, dont des bières de marque Faxe et Codys ainsi que du vin, ont été interceptées à bord de minicars. À Ouagadougou, dans les quartiers de Samandin et Saaba, les agents ont également mis la main sur des cargaisons de cigarettes et de produits pour chicha dissimulées dans des camions de transport de marchandises.
La menace des explosifs saisis à Sankaryaré
Parmi les saisies réalisées, la découverte effectuée le 5 septembre près du marché Sankaryaré revêt une dimension sécuritaire critique. Les autorités ont mis au jour 2 046 bâtons d’explosifs et 32 rouleaux de cordons détonants, d'une valeur estimée à 10,6 millions de FCFA. Ce matériel, dissimulé dans des sacs d'engrais au sein d'un magasin, illustre la porosité des circuits de distribution et les risques de détournement de produits à usage civil vers des activités criminelles.
Enjeux économiques et impératifs sécuritaires
Le Dr Mohamadi Compaoré, coordonnateur national de la CNLF, a souligné que ces trafics illicites constituent un frein direct à l'essor économique et social du pays en privant l'État de recettes fiscales et en déstabilisant les circuits commerciaux légaux. Au-delà de l'aspect financier, le responsable a insisté sur le lien direct entre la circulation clandestine de matériel explosif et les défis sécuritaires actuels, qualifiant ces trafics de complicité indirecte avec les groupes terroristes. La CNLF réaffirme sa volonté de poursuivre ces opérations de terrain pour sécuriser les flux de marchandises sur l'ensemble du territoire national.