La convocation de l'archevêque de Lusaka, Alick Banda, par la Commission zambienne de lutte contre la drogue marque une nouvelle étape dans les tensions politiques qui secouent le pays depuis les élections du 13 août. Ce développement judiciaire, officiellement lié à une affaire de cession de véhicule, intervient dans un climat de répression croissante contre les figures critiques du gouvernement du président Hakainde Hichilema.
Une procédure judiciaire sous surveillance
L'archevêque Alick Banda est accusé d'avoir obtenu illégalement un véhicule Toyota Hilux auprès de l'Autorité fiscale zambienne entre 2021 et 2023, un bien qui aurait été cédé par l'ancien président défunt Edgar Lungu. Cette affaire s'inscrit dans une enquête plus large visant une vingtaine de véhicules de l'administration fiscale. Après avoir plaidé non coupable, le religieux a été libéré sous caution, moyennant une somme supérieure à 3 500 euros. Ses documents de voyage ont toutefois été saisis, l'empêchant de quitter le territoire avant son procès prévu en novembre.
Un climat de crispation post-électorale
Cette convocation survient dans un contexte où les voix dissidentes font l'objet d'une pression constante. Durant la période électorale, Alick Banda s'était publiquement inquiété des violences politiques, alertant sur les risques pesant sur la démocratie zambienne. Ces prises de position semblent avoir placé le religieux dans le viseur des autorités, à l'instar d'autres acteurs de la société civile, universitaires et diplomates dont les passeports ont été révoqués mi-septembre.
La répression des opposants politiques
La situation dépasse le cadre religieux pour toucher l'ensemble de la sphère politique. Plusieurs figures de l'opposition ont été directement visées par des mesures coercitives depuis le scrutin. Brian Mundubile et Makebi Zulu ont été inculpés pour haute trahison, tandis que l'ancien ministre Mutotwe Kafwaya a trouvé la mort lors d'une opération des forces de sécurité. Ces événements ont suscité des inquiétudes internationales, notamment de la part d'Amnesty International, qui dénonce une utilisation des pouvoirs administratifs pour museler toute forme de contestation au sein du pays.