Le projet de convention d'assistance juridique liant la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) au cabinet de Me Ciré Clédor Ly suscite des interrogations sur la rigueur budgétaire de l'institution. Avec des honoraires fixés à 16 millions de FCFA par an sur deux ans, cet engagement contractuel soulève des doutes quant à sa nécessité opérationnelle et sa conformité avec les procédures financières en vigueur.
Une superposition des prestations juridiques
La pertinence de ce nouveau contrat est remise en question par l'existence d'accords déjà actifs avec d'autres structures juridiques. La CDC collabore en effet avec le cabinet de Me Bamba Cissé, via la SCP Kébé et Cissé, ainsi qu'avec le cabinet Houda & Associés. Des services internes auraient émis des réserves sur le risque de redondance, soulignant que certains dossiers visés par le nouvel accord seraient déjà pris en charge par les prestataires actuels. La définition précise du périmètre d'intervention de Me Ciré Clédor Ly demeure, à ce stade, une zone d'ombre nécessitant une clarification.
L'absence de ligne budgétaire pour 2026
Au-delà de l'aspect opérationnel, la viabilité financière du projet est pointée du doigt. Les documents consultés indiquent qu'aucune ligne budgétaire spécifique ne semble avoir été prévue pour couvrir ces honoraires en 2026. Cette absence de provisionnement soulève des questions sur le respect des règles de gestion interne de la CDC. La question de la disponibilité des crédits reste un point de vigilance majeur pour les autorités de contrôle, alors que la structure doit justifier la cohérence de ses dépenses.
Un contexte de transition à la direction générale
Ce débat intervient dans une période de transition institutionnelle pour la Caisse des Dépôts et Consignations. La Présidence de la République a officiellement lancé un appel à candidatures pour pourvoir le poste de directeur général, marquant une phase de renouvellement à la tête de l'institution. Dans ce climat, la signature de nouveaux engagements contractuels interroge sur les limites de la gestion des affaires courantes. Il appartiendra aux autorités compétentes d'évaluer si cette convention s'inscrit dans la continuité normale du service public ou si elle nécessite une suspension en attendant l'installation d'une nouvelle gouvernance.