Une polémique numérique a récemment mis en lumière des discours racistes et islamophobes visant à exclure les personnes racisées des espaces naturels français. En réaction, une mobilisation en ligne baptisée « On est là » s'est organisée pour revendiquer le droit universel à la pratique de la randonnée et à l'accès aux paysages.
La montée des discours d'exclusion en ligne
Durant l'été, plusieurs publications sur les réseaux sociaux ont présenté la montagne comme un sanctuaire devant rester exempt de toute présence perçue comme étrangère. Ces messages, teintés d'islamophobie et de racisme, qualifiaient ces espaces de lieux « sécurisés » uniquement en l'absence de personnes noires ou musulmanes. Ces contenus, qui associent la pratique de la randonnée à une appartenance ethnique exclusive, ont suscité une vive indignation et ont été largement dénoncés comme une tentative d'instaurer une forme de préférence nationale dans l'accès au territoire.
La réponse citoyenne par la visibilité
En opposition directe avec ces messages, de nombreux internautes ont lancé la tendance « On est là ». À travers des vidéos montrant des randonneurs noirs, arabes ou des femmes voilées profitant des sommets et des bivouacs, cette initiative vise à normaliser la présence de tous les citoyens dans la nature. L'objectif est de déconstruire le narratif selon lequel le respect de l'environnement et la pratique sportive seraient des privilèges réservés à une partie de la population, tout en réaffirmant le droit fondamental de circuler librement sur le territoire.
Un climat de suspicion persistant
Au-delà du buzz numérique, cette séquence révèle une réalité plus profonde : le sentiment d'exclusion ressenti par les randonneurs racisés. Des témoignages font état d'un climat de suspicion où ces pratiquants sont régulièrement perçus comme des intrus ou suspectés de ne pas respecter les codes de la montagne. Selon l'association Opening Up The Outdoors, 65 % des personnes racisées auraient déjà été confrontées à des comportements racistes dans ces espaces. Cette dynamique transforme des lieux de loisirs en zones de tension, où l'accès à la nature devient un enjeu de citoyenneté et de liberté publique.