Le programme spatial russe Rassvet, présenté comme une alternative souveraine à la constellation Starlink, traverse une phase critique de son déploiement. Plusieurs satellites lancés en juillet peinent à atteindre leur orbite opérationnelle, compromettant la viabilité technique de ce réseau stratégique.
Des difficultés de maintien en orbite
La constellation Rassvet, développée par le Bureau 1440, fait face à des anomalies répétées. Selon les données de suivi orbital, aucun des 16 satellites mis en orbite le 19 juillet n'a réussi à dépasser les 360 kilomètres d'altitude. Cette position demeure nettement inférieure aux standards requis pour une constellation de télécommunications en orbite basse, où les appareils doivent normalement utiliser leurs propulseurs pour atteindre leur altitude cible après le lancement.
Risque de rentrée atmosphérique pour plusieurs unités
La situation semble se dégrader pour une partie du matériel déployé. Trois des satellites lancés en juillet ont cessé leur phase d'ascension et ont entamé une perte d'altitude progressive, laissant présager une rentrée atmosphérique imminente. Ce scénario rappelle la perte d'un premier satellite survenue en juin dernier, qui n'avait également effectué aucune manœuvre orbitale avant de se désintégrer dans l'atmosphère terrestre.
Un enjeu de souveraineté technologique
L'ambition russe est de constituer un réseau de plusieurs centaines de satellites pour assurer une connectivité Internet indépendante. Toutefois, l'incapacité à stabiliser ces premiers lots de satellites freine la montée en puissance du projet. Si ces défaillances techniques persistent, elles pourraient durablement entraver la capacité de la Russie à déployer une infrastructure spatiale capable de rivaliser avec les acteurs internationaux du secteur.
Une opacité stratégique
Il est important de noter que les autorités russes, notamment Roscosmos et le ministère de la Défense, n'ont pas officiellement communiqué sur les performances de ces satellites. Les informations disponibles proviennent exclusivement d'analyses de spécialistes indépendants et de données de suivi orbital. Dans un contexte de conflit, la maîtrise des communications par satellite revêt un caractère hautement stratégique, rendant les données sur ces déploiements particulièrement sensibles et difficiles à vérifier de manière indépendante.