La Conférence des évêques catholiques du Ghana a officiellement interpellé les autorités nationales sur l'urgence de démanteler les réseaux de trafic de stupéfiants. Cette prise de position fait suite à la saisie record de près de 3,9 tonnes de cocaïne en France, dissimulées dans un conteneur de déchets plastiques en provenance du port ghanéen, révélant des failles critiques dans le contrôle des frontières.
Une faille sécuritaire aux portes du pays
La découverte de cette cargaison massive à Dunkirk met en lumière la vulnérabilité des infrastructures logistiques ghanéennes. Pour les évêques, cet incident n'est pas un fait isolé mais le symptôme d'une crise structurelle nécessitant un renforcement immédiat de la surveillance dans les ports, aéroports et zones frontalières. Ils soutiennent la mise en place d'une force opérationnelle inter-agences, initiée par le président John Dramani Mahama, pour mieux coordonner la lutte contre l'exportation illicite de substances prohibées.
Exigence de transparence et responsabilité publique
Au-delà de la logistique, la Conférence pointe du doigt une défaillance morale et institutionnelle. L'organisation s'inquiète de l'implication présumée de personnes occupant des postes de confiance, incluant des agents publics et, selon leurs termes, des membres de l'Église. Les évêques insistent sur le fait que la lutte contre le trafic doit impérativement inclure la sanction de ceux qui abusent de leur fonction pour faciliter le transit de la drogue, sans exception.
Cibler les financiers plutôt que les exécutants
L'un des points saillants de l'appel épiscopal concerne la stratégie judiciaire actuelle. Les évêques dénoncent un schéma récurrent où seuls les courriers, souvent des exécutants de bas niveau, sont poursuivis par la justice, tandis que les commanditaires et les financiers des réseaux échappent aux enquêtes. Ils appellent les autorités à collaborer étroitement avec leurs homologues français pour remonter les filières et identifier les véritables architectes de ces trafics, condition sine qua non pour crédibiliser la réponse nationale face à ce fléau.