La Conférence des évêques catholiques du Ghana appelle à l'ouverture d'une enquête indépendante sur le système informatisé d'affectation dans les lycées. Cette demande fait suite à des allégations persistantes de paiements illicites exigés des parents pour garantir une place à leurs enfants, menaçant ainsi l'équité du processus éducatif national.
Des soupçons de corruption au cœur du système
Les évêques dénoncent une pratique qui, si elle est avérée, contrevient au principe de gratuité et d'égalité d'accès à l'éducation. Ils soulignent que le système informatisé, initialement conçu pour garantir l'efficacité et la justice, génère aujourd'hui une anxiété croissante chez les familles. La Conférence exige que toute personne impliquée dans des demandes de pots-de-vin soit sanctionnée disciplinairement, voire poursuivie pénalement, tout en appelant à la prudence pour ne pas ternir la réputation des fonctionnaires intègres.
L'opacité des admissions par « protocole »
Au-delà des soupçons de corruption financière, les autorités religieuses pointent du doigt les admissions dites « par protocole ». Ce mécanisme, qui permettrait de réserver des places dans des établissements prestigieux via des arrangements discrétionnaires, manque cruellement de transparence. Les évêques réclament désormais des explications claires sur la base légale de ces pratiques, les critères de sélection utilisés et l'identité des décideurs, afin de restaurer la confiance des citoyens dans une méritocratie scolaire aujourd'hui fragilisée.
Vers une refonte technique et éthique
Le rapport souligne également des dysfonctionnements logistiques majeurs : sur les 604 567 candidats qualifiés cette année, une partie significative peine à obtenir une affectation adaptée. Les évêques critiquent notamment l'affectation d'élèves dans des écoles inadaptées à leur situation géographique, à leur handicap ou à leurs besoins spécifiques. Ils préconisent une expertise technique indépendante pour auditer le système, la mise en place d'un processus d'appel plus robuste et la nomination d'un médiateur indépendant pour traiter les litiges, rappelant que la technologie ne saurait se substituer à la responsabilité humaine et morale dans la gestion de l'avenir des jeunes Ghanéens.