La Conférence des évêques catholiques du Ghana appelle le chef de la justice à une stricte neutralité politique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
La Conférence des évêques catholiques du Ghana appelle le chef de la justice à une stricte neutralité politique

La Conférence des évêques catholiques du Ghana a officiellement interpellé le juge en chef, Paul Baffoe-Bonnie, concernant ses récentes déclarations publiques. Les prélats soulignent que la neutralité de l'institution judiciaire repose autant sur l'impartialité réelle que sur l'apparence d'indépendance, indispensable à la confiance des citoyens.

Une interprétation politique contestée

Le point de friction concerne des propos tenus par le juge en chef le 2 septembre 2026, lors de visites officielles au sein du Social Security and National Insurance Trust (SSNIT) et du Minerals Income Investment Fund (MIIF). En évoquant les « huit dernières années » pour évaluer les performances de ces institutions, le magistrat a suscité des inquiétudes. Selon la Conférence des évêques, cette temporalité est perçue, dans le contexte national, comme une comparaison partisane entre l'administration actuelle et son prédécesseur, donnant ainsi l'apparence d'un jugement politique.

L'exigence de réserve pour la magistrature

Bien que le Service judiciaire ait clarifié que ces observations visaient uniquement à saluer des améliorations opérationnelles, les évêques rappellent que la fonction de juge en chef impose une retenue particulière. Ils soulignent que les tribunaux sont régulièrement appelés à trancher des litiges impliquant le gouvernement ou des partis politiques. Par conséquent, tout soupçon d'alignement sur une ère politique donnée fragilise la perception de l'indépendance judiciaire, un pilier essentiel de la démocratie ghanéenne.

Appel à la responsabilité des acteurs publics

La Conférence des évêques a toutefois rejeté les appels à la démission du juge en chef, jugeant de telles demandes disproportionnées. Elle insiste sur le fait que cette controverse ne doit pas être instrumentalisée par les acteurs politiques : le parti au pouvoir ne doit pas y voir une attaque contre son bilan, et l'opposition ne doit pas y puiser la preuve d'une justice « capturée ». Les évêques concluent en appelant l'ensemble des détenteurs de charges publiques à adopter une rigueur constante dans leurs prises de parole, afin de préserver la sérénité des institutions face aux joutes électorales.

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