La Conférence des évêques catholiques du Ghana (GCBC) a officiellement interpellé le gouvernement face à la récurrence des saisies de stupéfiants impliquant les infrastructures portuaires et frontalières du pays. Cette prise de position souligne une crise de confiance croissante, alors que le Ghana est de plus en plus perçu sur la scène internationale comme une plaque tournante du trafic de drogue, ternissant ainsi la réputation de la nation.
Une série de saisies internationales sous haute tension
L'indignation des autorités religieuses fait suite à l'interception, le 10 septembre 2026, de 3,9 tonnes de cocaïne par les douanes françaises à Dunkerque. La marchandise, dissimulée dans un conteneur de déchets plastiques en provenance du Ghana, a conduit à l'inculpation de quatre ressortissants ghanéens devant la Haute Cour d'Accra. Cet événement n'est pas isolé : les évêques ont dressé une liste alarmante d'incidents récents, allant de saisies de cocaïne cachée dans des sacs de gari au port de Tema à des cargaisons de méthamphétamine interceptées jusqu'en Australie.
Les failles du contrôle étatique et les soupçons de complicité
Au-delà des volumes saisis, la GCBC pointe du doigt des défaillances structurelles au sein de l'appareil d'État. L'arrestation, en mars 2026, de neuf agents publics au port de Tema — incluant des membres des douanes, de la sécurité portuaire et de la Commission de l'énergie — pour une affaire de tramadol non déclaré, alimente les soupçons de complicité interne. Les évêques s'interrogent ouvertement sur la lenteur des procédures judiciaires, notant que dans plusieurs dossiers majeurs, seuls les exécutants sont inquiétés tandis que les commanditaires financiers semblent protégés.
Exigences de transparence et responsabilité politique
Face à ce qu'ils qualifient de « mal moral » menaçant l'âme du pays, les évêques exigent une réponse ferme. Ils soutiennent l'initiative de plus de 40 parlementaires demandant une convocation urgente du Parlement pour exiger des comptes aux ministres de l'Intérieur, des Transports et de la Sécurité nationale. La GCBC préconise un audit complet des systèmes de surveillance dans les ports de Tema, Takoradi et à l'aéroport de Kotoka. Ils appellent également à une stratégie judiciaire axée sur le démantèlement des réseaux financiers et la poursuite systématique des responsables, indépendamment de leur rang ou de leur appartenance politique, afin de restaurer la crédibilité des institutions ghanéennes.