Les experts du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont entamé une phase de concertation stratégique à Ouagadougou pour définir une position commune face à la CEDEAO. Cette préparation vise à sécuriser les intérêts de la Confédération des États du Sahel (AES) sur des enjeux vitaux tels que la libre circulation des personnes et des biens.
Une coordination technique pour définir les lignes rouges
Réunis le 14 octobre 2026, les experts des trois pays membres de l'AES ont travaillé à l'identification des points de friction et des marges de manœuvre diplomatique. Hermann Yirigouin Toé, représentant la délégation burkinabè, a souligné la nécessité de distinguer les lignes rouges infranchissables des sujets requérant un arbitrage politique de haut niveau. Cette étape préparatoire est essentielle pour garantir une voix unifiée lors des futures discussions avec l'organisation régionale à Dakar.
La validation ministérielle comme étape préalable
Le fruit de ces travaux techniques ne constitue pas encore un accord formel. Il doit impérativement être soumis à l'examen des ministres des Affaires étrangères de l'AES, réunis le 15 octobre à Ouagadougou. Ce processus de validation interne témoigne de la volonté des trois États de structurer leur approche institutionnelle avant d'engager le dialogue avec la CEDEAO, assurant ainsi une cohérence entre les ambitions confédérales et les réalités des négociations bilatérales.
La préservation des acquis de l'intégration régionale
Le dialogue en cours s'inscrit dans la continuité des échanges initiés en mai 2025 à Bamako. À l'époque, un mémorandum avait été établi pour encadrer les modalités d'une séparation tout en protégeant les acquis de l'intégration, notamment la fluidité des échanges commerciaux et la mobilité des populations. La CEDEAO, de son côté, a déjà exprimé par le passé son intérêt pour une transition qui préserve les bénéfices régionaux pour les citoyens, un point qui demeure au cœur des attentes des deux parties pour éviter toute rupture préjudiciable aux économies locales.