La Confédération africaine de la mode appelle à une harmonisation des politiques pour atteindre 500 milliards de dollars

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 4 lectures
La Confédération africaine de la mode appelle à une harmonisation des politiques pour atteindre 500 milliards de dollars

La Confédération africaine de la mode (CAFA) ambitionne de porter la valeur du secteur de la mode sur le continent à 500 milliards de dollars. Pour y parvenir, l'organisation plaide pour une structuration rigoureuse des filières, allant de la transformation locale des matières premières à une protection renforcée de la propriété intellectuelle.

Un impératif de transformation locale

Le président de la CAFA, le professeur Lai Labode, souligne que l'Afrique ne manque pas de talents créatifs, mais de structures capables de transformer ce potentiel en valeur économique réelle. L'un des leviers majeurs identifiés est la fin de l'exportation massive de matières premières brutes. En prenant l'exemple du coton, il insiste sur la nécessité de développer des capacités de transformation industrielle sur le continent. Cette stratégie permettrait non seulement de retenir la richesse en Afrique, mais aussi de créer des emplois durables, à l'instar des modèles de production observés chez les grands exportateurs mondiaux.

Harmonisation des règles et protection intellectuelle

La fragmentation des systèmes juridiques africains constitue un frein majeur à la compétitivité du secteur. La CAFA appelle les États membres à adopter des normes communes, notamment en matière de propriété intellectuelle, pour protéger les créateurs contre la contrefaçon et l'usage non autorisé de leurs œuvres. Le professeur Labode exhorte les pays à s'aligner sur le protocole de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), adopté en février 2026, afin de sécuriser les droits des designers à l'échelle du continent.

Stratégies de déploiement et accès aux marchés

Pour accroître la visibilité internationale de la création africaine, la CAFA prévoit l'ouverture de dix maisons de mode à travers le continent, complétées par des points de vente dans des capitales mondiales telles que Paris, Milan, New York et Londres. Parallèlement, au Nigeria, le ministère de l'Art, de la Culture, du Tourisme et de l'Économie créative travaille à la mise en place de hubs créatifs. Ces infrastructures visent à renforcer les capacités techniques des entrepreneurs, tout en intégrant des outils technologiques pour standardiser la qualité et les tailles, des prérequis indispensables pour répondre aux exigences des marchés internationaux.

Vers une consommation locale accrue

Au-delà de l'exportation, la croissance du secteur repose également sur la valorisation du patrimoine textile par les consommateurs africains eux-mêmes. L'adoption croissante de tissus traditionnels comme l'adire ou l'aso-oke illustre un changement de paradigme. Alors que l'Afrique exporte déjà pour 15 milliards de dollars de produits textiles, la CAFA estime que le renforcement de la consommation locale et une meilleure gestion des coûts de production sont essentiels pour atteindre les objectifs économiques ambitieux fixés par l'organisation.

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