L'incarcération d'Amr Abdelfattah, ingénieur-chercheur franco-égyptien condamné à huit ans de prison en Arabie saoudite, met en lumière les tensions persistantes autour des libertés individuelles dans le royaume. Alors que sa famille dénonce des conditions de détention inhumaines et des accusations infondées, le dossier devient un point de friction diplomatique suivi de près par Paris.
Un parcours judiciaire contesté
Arrêté en juin 2024 alors qu'il effectuait un pèlerinage à La Mecque, Amr Abdelfattah a été maintenu dans l'incertitude juridique pendant près d'un an. Ce n'est qu'en mai 2025 qu'il a été présenté à la justice saoudienne. La condamnation à huit ans de prison repose, selon les proches de l'ingénieur, sur des accusations d'insultes envers le gouvernement saoudien. L'épouse du détenu conteste formellement ces faits, soulignant que le dossier d'accusation s'appuierait exclusivement sur le témoignage de l'agent ayant procédé à l'interpellation initiale.
Conditions de détention et allégations de torture
Amr Abdelfattah est actuellement incarcéré dans un établissement pénitentiaire généralement affecté aux détenus politiques. Son épouse, Hakima, a rapporté publiquement des témoignages alarmants, affirmant que son mari subit des actes de torture. Elle décrit une situation critique, ayant elle-même pu constater des traces physiques sur le corps de l'ingénieur lors de ses visites. Malgré deux demandes de grâce adressées directement au prince héritier Mohammed ben Salmane, aucune mesure de clémence n'a été accordée à ce jour.
La réponse diplomatique française
Face à cette situation, le ministère français des Affaires étrangères assure suivre le dossier avec une attention particulière. Le consulat général de France à Djeddah a multiplié les interventions, effectuant neuf visites consulaires depuis le début de la détention pour s'assurer de l'état de santé du ressortissant. Parallèlement, la situation d'Amr Abdelfattah a fait l'objet d'alertes de la part d'Amnesty International et a été évoquée lors d'échanges diplomatiques de haut niveau, notamment lors de la visite du prince héritier saoudien en France. La poursuite de ces démarches consulaires constitue désormais le principal levier pour tenter d'améliorer les conditions de vie du détenu et obtenir une révision de sa situation.