Face à la recrudescence des tensions locales, la Coalition Nationale des Autorités Morales (CONAM) a lancé, les 28 et 29 septembre 2026 à Sarh, un programme de renforcement des capacités destiné aux acteurs de terrain du Moyen-Chari. Cette initiative, soutenue par le Projet d'appui au Parlement et au processus électoral (PAPPE), vise à structurer un réseau de médiateurs capables d'intervenir précocement pour désamorcer les crises communautaires.
Un maillage territorial pour la prévention
L'atelier réunit un panel diversifié d'acteurs, incluant des autorités traditionnelles, des chefs religieux et des femmes leaders, tous en première ligne dans la gestion des différends quotidiens. L'objectif est de transformer ces relais locaux en véritables sentinelles de la paix. En se concentrant sur l'écoute active et la concertation, la formation cherche à outiller ces intervenants pour qu'ils puissent identifier les prémices de tensions avant qu'elles ne dégénèrent en conflits ouverts.
Valoriser les mécanismes traditionnels de résolution
Pour Baniyara Yoyanan, secrétaire général de la CONAM, la solution aux instabilités locales réside dans la réappropriation des méthodes endogènes de règlement des différends. En s'appuyant sur la légitimité des autorités morales et coutumières, la coalition entend proposer des alternatives au recours à la force ou à l'escalade judiciaire. Ces pratiques, ancrées dans les réalités socioculturelles du Moyen-Chari, sont présentées comme des leviers efficaces pour rétablir le dialogue entre les parties opposées.
Vers une pérennisation du dialogue social
Au-delà de la session de formation, les autorités provinciales, représentées par le secrétaire général du Conseil provincial Bani Ngadogo, insistent sur la nécessité d'une analyse approfondie des causes structurelles des crises. L'enjeu est de dépasser la gestion ponctuelle des incidents pour s'attaquer aux racines des désaccords. Pour garantir la continuité de cette démarche, l'atelier prévoit la désignation officielle de points focaux au sein des communautés. Ces référents auront la responsabilité de maintenir un canal de communication permanent, assurant ainsi une veille constante et une sensibilisation accrue des populations locales aux enjeux de la cohésion sociale.