Face à l'exode des jeunes vers l'Europe, la commune de Niamone, dans le département de Bignona, déploie une stratégie centrée sur l'entrepreneuriat agricole. En s'appuyant sur la réhabilitation du barrage d'Affiniam et la formation technique, les autorités locales entendent transformer le potentiel foncier de la région en un moteur de développement économique durable.
Le levier hydraulique du barrage d'Affiniam
Le barrage d'Affiniam constitue l'atout majeur de cette ambition territoriale. Récemment réhabilité, l'ouvrage dispose d'une capacité de stockage estimée à 25 millions de mètres cubes d'eau. Pour le maire de Niamone, Atab Badji, cette ressource demeure largement sous-exploitée. Si l'eau est disponible, le défi réside désormais dans le financement des infrastructures de transfert nécessaires pour acheminer cette ressource vers les parcelles agricoles des onze villages de la commune. Cette connexion hydraulique est présentée comme une condition sine qua non pour sécuriser les récoltes et stabiliser les revenus des producteurs.
Formation et transition vers l'agroécologie
Au-delà de l'accès à l'eau, la commune mise sur la montée en compétences des jeunes générations. Le centre agroécologique de Tobor joue un rôle central dans cette dynamique, en formant les apprenants aux techniques de production agricole, à l'aquaculture et aux énergies renouvelables. Cette approche, saluée par la coordination de la DyTAES, transforme l'agriculture en une activité entrepreneuriale. L'accent est mis sur l'autonomie des producteurs, notamment par la fabrication locale de compost, permettant de réduire les coûts de production tout en préservant la fertilité des sols.
Mobilisation sociale et opportunités d'investissement
La stratégie de Niamone dépasse le cadre technique pour s'ancrer dans le tissu social. Le projet « Un village, une vallée, une ASC, un champ » cherche à impliquer directement les Associations sportives et culturelles dans la production agricole, faisant de ces structures des vecteurs de mobilisation collective. Fort de sa proximité géographique avec les marchés gambien et bissau-guinéen, le maire lance un appel aux investisseurs. L'objectif est clair : valoriser le foncier disponible pour créer une alternative viable à la migration, en faisant de l'agriculture un secteur attractif et pourvoyeur d'emplois pour la jeunesse locale.