La commune de Madouba, au Burkina Faso, engage une phase déterminante pour la reprise des activités pédagogiques au titre de l'année scolaire 2026-2027. Sous l'impulsion de la délégation spéciale, les autorités locales et les acteurs éducatifs ont défini une stratégie de réorganisation visant à sécuriser et à faciliter le retour des élèves dans les salles de classe après plusieurs années de perturbations.
Une stratégie de regroupement des établissements
Pour pallier les conséquences des fermetures d'écoles observées depuis 2023, notamment à Pia n°2 et Bamkoumani, les autorités ont opté pour une politique de concentration des ressources. Trois sites principaux, situés à Madouba, Touba et Yourouna, ont été désignés pour accueillir les élèves. Cette réorganisation, pilotée par la Circonscription d’éducation de base (CEB) délocalisée à Djibasso, combine la réouverture d'infrastructures existantes et la relocalisation d'établissements pour assurer une continuité effective de l'apprentissage.
Défis logistiques et sécuritaires au secondaire
Le lycée départemental de Madouba fait face à des besoins structurels importants pour garantir un environnement propice à l'étude. Le proviseur, Boukary Porgo, a souligné l'urgence de réhabiliter les logements du personnel, d'assurer l'accès à l'eau potable et de procéder au déblayage des espaces scolaires. Sur le plan sécuritaire, la direction de l'établissement insiste sur la nécessité d'un renforcement de la surveillance de proximité et la mise en place de convois sécurisés pour les enseignants, conditions indispensables à la réouverture des classes de 6e et de 5e.
Appel à la mobilisation communautaire
La réussite de cette rentrée repose également sur l'engagement des populations locales. Si le président de la délégation spéciale, Kouka Désiré Kiemdé, s'est engagé à apporter des solutions relevant des compétences communales, il a exhorté les parents à s'impliquer activement dans le suivi scolaire à domicile. Parallèlement, les besoins en matériel pédagogique, notamment pour le Centre d’éducation pour l’intégration (CEI) qui manque d'outils techniques, font l'objet d'un appel à la solidarité. Les acteurs locaux insistent sur le fait que la reprise des cours, bien que soutenue par l'administration, nécessite une appropriation collective pour surmonter les contraintes matérielles et sécuritaires persistantes.