Les habitants de la communauté d'Odidi, située dans l'État du Delta au Nigeria, ont manifesté vendredi devant les installations de l'OML 42 pour exiger la fin immédiate d'une fuite de pétrole qui empoisonne leur environnement depuis six mois. Face à l'inaction présumée de l'opérateur, les résidents menacent désormais de bloquer totalement les activités d'extraction pétrolière dans la zone.
Une dégradation environnementale et sanitaire prolongée
Selon les représentants de la communauté, la fuite proviendrait d'une section corrodée du pipeline Trans-Forcados, au niveau du collecteur de Keremor. Depuis six mois, le pétrole brut se déverse continuellement dans les cours d'eau, dévastant les zones de pêche et les terres agricoles, piliers de l'économie locale. Au-delà des pertes de revenus, les résidents signalent des risques sanitaires croissants, affirmant que plusieurs personnes ont déjà dû être hospitalisées en raison de l'exposition prolongée aux hydrocarbures.
Des craintes sécuritaires face aux risques d'incendie
La situation suscite une vive inquiétude quant à la sécurité des populations. Les manifestants alertent sur le risque imminent d'explosion, le pétrole brut ayant recouvert les voies navigables et s'étant propagé jusqu'aux routes. Cette menace a contraint certains habitants à quitter leurs foyers par peur d'un embrasement majeur. Les leaders communautaires, dont le secrétaire Clement Numa et le porte-parole Konkemele Michael, dénoncent la poursuite des opérations de production alors que la fuite n'est toujours pas colmatée.
Critiques sur la gestion de crise de l'opérateur
La communauté accuse l'entreprise pétrolière de privilégier des mesures cosmétiques, comme la distribution sélective de vivres et d'argent à certains individus, plutôt que de s'attaquer à la source de la pollution. Les protestataires rejettent ces aides, qu'ils qualifient de tentative de détourner l'attention de la responsabilité environnementale de la firme. Ils déplorent également l'inefficacité des moyens techniques déployés jusqu'ici, jugés dérisoires face à l'ampleur du désastre.
Appel à une intervention des autorités fédérales
Les manifestants ont lancé un avertissement solennel au gouvernement fédéral, à l'Assemblée nationale et aux agences de régulation, notamment la NOSDRA et la NUPRC. Ils réclament une enquête approfondie, une évaluation rigoureuse de l'impact environnemental, ainsi qu'une prise en charge médicale pour les populations exposées. En l'absence de mesures correctives rapides et transparentes, la communauté d'Odidi se dit prête à passer à des actions plus drastiques pour contraindre l'opérateur à cesser toute activité jusqu'à la sécurisation complète du site.