La commission d’enquête de la Chambre des représentants nigériane sur le Presidential Foreign Investment Promotion Council (PFIPC) a rendu publics ses premiers résultats, écartant toute implication directe du chef de cabinet de la présidence, Femi Gbajabiamila, tout en révélant des dysfonctionnements majeurs dans la création et la gestion des agences fédérales.
Un mandat centré sur les mécanismes, pas les personnes
Le président de la commission, Yusuf Gagdi, a clarifié que l’enquête visait avant tout à déterminer si le PFIPC, une agence controversée, avait une base légale, et non à cibler des individus comme Gbajabiamila. Malgré des documents liant ce dernier à l’agence, la commission a choisi de ne pas le convoquer, privilégiant l’analyse des procédures ayant permis son intégration dans l’administration fédérale.
Selon Gagdi, le mandat initial de la commission, issu de la Chambre des représentants, portait sur l’origine de l’agence, son financement et son accès aux ressources publiques. « Notre objectif n’était pas de faire de Gbajabiamila le centre de l’affaire, mais de comprendre comment une entité sans fondement légal a pu s’infiltrer dans le système », a-t-il déclaré. La commission a ainsi recueilli des mémorandums et documents auprès du public et des institutions, sans se limiter à des témoignages ciblés.
Des révélations qui dépassent les accusations individuelles
Les premiers constats de la commission sont accablants : aucun acte législatif n’a créé le PFIPC, et les documents présentés comme son acte fondateur, ainsi que la lettre de nomination de son directeur général, Adeyemi, sont des faux. Par ailleurs, 58 comptes bancaires liés à Adeyemi, via son numéro de vérification bancaire, ont été identifiés, certains connectés à 12 agences différentes. Ces éléments, couplés à des enquêtes en cours par l’EFCC, l’ICPC et la police, suggèrent un réseau d’activités frauduleuses à grande échelle.
Gagdi a souligné que la commission a délibérément évité d’empiéter sur les procédures judiciaires en cours contre Adeyemi, se concentrant sur les lacunes administratives ayant permis l’émergence du PFIPC. « Ce qui relève des tribunaux, ce sont les activités frauduleuses d’Adeyemi. Notre rôle était d’examiner comment cette agence a pénétré le système budgétaire fédéral », a-t-il expliqué.
L’Assemblée nationale sous le feu des critiques
Interrogé sur la responsabilité du Parlement dans cet échec de contrôle, Gagdi a rejeté l’idée d’une défaillance de l’Assemblée. Selon lui, le rôle de la Chambre des représentants dans le processus budgétaire se limite à l’examen des allocations, et non à la validation de la légalité des agences. « Ce sont les ministères et départements qui doivent s’assurer que les agences soumises au budget sont légales avant leur inclusion », a-t-il précisé. Il a toutefois admis que la commission pourrait recommander des mesures pour renforcer les garde-fous institutionnels.
Une enquête en deux temps : résultats préliminaires et suite à venir
La commission a publié ses conclusions préliminaires sous la pression de l’opinion publique, avec l’aval du président de la Chambre, Abbas Tajudeen. Ces résultats, bien que partiels, révèlent des irrégularités structurelles, notamment l’absence de base légale pour le PFIPC et l’utilisation de faux documents. La suite de l’enquête portera sur les rôles des différents acteurs et institutions impliqués, avant la présentation d’un rapport final à la Chambre. Gagdi a indiqué que des auditions supplémentaires étaient prévues pour compléter les investigations.