Les autorités nigérianes ont mis au jour une installation de raffinage illégale située à Ogere, dans l'État d'Ogun, soupçonnée d'être dirigée par des ressortissants chinois. Cette opération, menée par la Commission de lutte contre les crimes économiques et financiers (EFCC), s'inscrit dans une série d'interventions contre des activités extractives non autorisées dans la région.
Un réseau de transformation de résidus pétroliers
L'enquête préliminaire menée par l'EFCC révèle un processus industriel clandestin sophistiqué. Les opérateurs s'approvisionnaient en « boues noires » (sludge oil) provenant de centres pétroliers majeurs comme Warri et Port Harcourt. Une fois acheminée à Ogere, cette matière première était soumise à un chauffage intense pour en extraire des composants pétroliers, notamment du diesel, destiné à être écoulé sur le marché local. Lors de la perquisition du 31 octobre, les agents ont découvert des cuves souterraines contenant des substances identifiées comme du gazole (Automotive Gas Oil).
Le mystère des opérateurs et de la structure juridique
Bien que le site ait été trouvé désert lors de l'intervention des forces de l'ordre, les éléments recueillis sur place soulignent une volonté délibérée d'opérer dans l'ombre. Le personnel de sécurité présent sur les lieux a affirmé ignorer l'identité réelle des responsables chinois ainsi que la dénomination sociale de l'entreprise exploitant le site. L'EFCC a pris le contrôle des installations pour identifier les propriétaires et déterminer l'ampleur réelle de ces activités, désormais qualifiées de sabotage économique par les autorités.
Une recrudescence d'activités illégales dans l'État d'Ogun
Cette découverte fait suite à une opération d'envergure menée le 23 octobre dernier, au cours de laquelle 14 ressortissants chinois et un complice nigérian avaient été arrêtés pour l'exploitation de quatre usines illégales de traitement de lithium, également situées à Ogere. La récurrence de ces installations clandestines dans cette zone géographique soulève des questions sur la surveillance des activités extractives et la présence croissante d'acteurs étrangers opérant en marge du cadre légal nigérian. L'EFCC poursuit ses investigations pour démanteler ces réseaux qui menacent l'intégrité du secteur industriel national.