La Commission nationale des droits de l'homme (NHRC) du Nigeria a enregistré une augmentation significative des signalements de violations en septembre 2026, totalisant 338 810 plaintes. Cette hausse de 14 % par rapport au mois précédent met en lumière une dégradation persistante de la sécurité et des libertés fondamentales dans plusieurs régions du pays.
Une recrudescence des plaintes dans le centre-nord
Le tableau de bord de la NHRC révèle que la majorité des dossiers provient de la zone géopolitique du centre-nord, avec une concentration particulière dans les États de Benue, du Plateau et du Niger. Le secrétaire exécutif de la Commission, le Dr Tony Ojukwu, souligne que si ce chiffre reflète une meilleure accessibilité aux services de l'institution, il témoigne surtout de l'ampleur des défis sécuritaires actuels. Les atteintes au droit à la vie, à la dignité humaine et à la liberté personnelle restent au cœur des préoccupations des autorités de régulation.
L'insécurité et les enlèvements de masse en ligne de mire
La situation sécuritaire demeure critique, marquée par des rapports récurrents de meurtres et d'enlèvements. Le conseiller spécial de la Commission, Hillary Ogbonna, a précisé que le mois de septembre a comptabilisé 208 homicides attribués à des acteurs non étatiques et 210 cas de kidnappings. L'État du Niger est particulièrement pointé du doigt en raison des enlèvements de masse qui plongent des communautés entières dans l'angoisse. Face à cette situation, la NHRC exhorte les agences de sécurité à intensifier leurs interventions pour sécuriser les zones touchées et traduire les auteurs de ces crimes en justice.
Vers un renforcement du cadre de protection des mineurs
Au-delà de la crise sécuritaire, la vulnérabilité des femmes et des enfants face aux violences sexuelles et aux discriminations constitue un enjeu majeur pour la Commission. Dans ce contexte, la NHRC soutient activement la révision de la loi sur les droits de l'enfant de 2003. L'objectif est de combler les lacunes législatives actuelles pour garantir une protection effective des mineurs, notamment dans les zones les plus délaissées. Pour mener à bien ces missions, la Commission insiste sur la nécessité d'un financement accru et d'un renforcement de ses capacités d'investigation.
Une action de contrôle accrue sur les lieux de détention
Pour assurer la redevabilité des institutions publiques, la NHRC a intensifié ses activités de terrain. En septembre, ses équipes ont inspecté 113 centres de détention à travers le pays. Parallèlement, 56 convocations ont été adressées aux services de police pour répondre à des allégations d'abus. Cette démarche s'inscrit dans une volonté de la Commission de ne pas se limiter à la documentation des faits, mais d'imposer des mesures correctives et de favoriser des réformes institutionnelles durables.