La Commission Madlanga, siégeant à Pretoria, intensifie ses investigations sur les dysfonctionnements au sein des services de police sud-africains. Entre le retour à la barre d'un homme d'affaires impliqué dans des marchés publics controversés et les témoignages d'officiers dénonçant des pressions, l'institution met en lumière des réseaux d'influence complexes au cœur de l'appareil sécuritaire.
Le dossier du marché Medicare24
L'homme d'affaires Vusimuzi « Cat » Matlala, actuellement poursuivi pour tentative de meurtre, est attendu à nouveau devant la commission. Lors de sa précédente audition, il avait invoqué son droit au silence concernant le contrat Medicare24 de la police, évalué à 228 millions de rands, arguant que l'affaire était déjà devant les tribunaux. Il doit désormais déposer un affidavit complémentaire visant à corriger des omissions majeures, notamment en citant plusieurs hauts responsables policiers, dont le commissaire adjoint suspendu Shadrack Sibiya, l'ancien chef des Hawks au KwaZulu-Natal, Lesetja Senona, et l'ancien major-général Richard Shibiri. Ces révélations pourraient clarifier les liens présumés entre le secteur privé et des figures de haut rang au sein des forces de l'ordre.
Allégations de pressions sur les officiers
Parallèlement, le lieutenant-colonel Deenadayalan « Deena » Govender, membre de l'unité des crimes organisés des Hawks, a livré un témoignage accablant sur les méthodes employées pour influencer les enquêtes. L'officier affirme avoir été la cible de pressions visant à le contraindre à impliquer le commissaire de police du KwaZulu-Natal, Nhlanhla Mkhwanazi, dans des affaires de fusillades. Selon ses déclarations, ces manœuvres auraient été orchestrées par des individus proches du ministre de la Police, Senzo Mchunu.
Menaces et instrumentalisation judiciaire
Le témoignage de Govender souligne un climat de terreur institutionnelle. L'officier a rapporté avoir été menacé d'arrestation, de refus de libération sous caution et même d'empoisonnement s'il ne se conformait pas aux instructions reçues. Il a désigné le directeur adjoint de la Direction indépendante d'enquête sur la police (IPID), Len John, comme l'un des instigateurs de ce qu'il qualifie d'acharnement. Ces éléments soulèvent des questions critiques sur l'indépendance des organes de contrôle et sur l'utilisation de la justice comme outil de règlement de comptes politiques au sein de la hiérarchie policière.