La Commission forestière du Ghana envisage l'installation de camps de sécurité armés au sein de la réserve forestière de la rivière Subri, dans la région occidentale. Cette stratégie vise à empêcher le retour des orpailleurs illégaux sur les sites déjà assainis, alors que la pression sur cet écosystème majeur reste critique.
Un dispositif de surveillance renforcé
Le projet prévoit le déploiement d'unités d'intervention rapide composées de treize agents armés par zone sensible. Ces camps seront dotés d'équipements logistiques, notamment des motos et des véhicules, ainsi que de technologies de surveillance avancées, incluant des caméras de vidéosurveillance et une connectivité internet par satellite Starlink. Ces moyens techniques doivent permettre une meilleure communication et une réactivité accrue face aux incursions dans cette réserve qui s'étend sur plus de 58 000 hectares.
La fragilité des résultats obtenus
Si les autorités font état d'une réduction de près de 60 % des zones dégradées — passant de 680 à 282 hectares — les gains restent précaires. Selon Nana Poku Bosompim, directeur régional de la Commission forestière, les opérations de répression classiques, incluant arrestations et saisies de matériel, se sont révélées insuffisantes car les mineurs illégaux réinvestissent les lieux dès le départ des forces de sécurité. La présence de plus de 1 000 orpailleurs armés dans la zone souligne l'ampleur du défi sécuritaire.
L'impératif d'une coordination interinstitutionnelle
Le ministre de la Région occidentale, Joseph Nelson, a vivement critiqué le travail en silo des différentes agences étatiques. Il appelle à une synergie opérationnelle entre la Commission forestière, les forces armées, la marine, l'armée de l'air et le Secrétariat national des opérations anti-orpaillage illégal (NAIMOS). Pour le ministre, le partage de renseignements et la planification conjointe sont les seules conditions pour éviter que la réserve de Subri ne devienne une zone de non-droit. Cette collaboration est jugée d'autant plus urgente que la région compte au total 19 réserves forestières, totalisant plus de 209 000 hectares, dont la préservation dépend d'une présence sécuritaire constante et coordonnée.