La Commission européenne a intensifié ses pressions diplomatiques sur Moscou pour obtenir des données transparentes concernant un cas suspect de peste en Sibérie. Face à l'opacité des autorités russes, Bruxelles, appuyée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les États-Unis, s'inquiète des potentielles implications transfrontalières de cette situation sanitaire.
L'impasse informationnelle à Bruxelles
Le comité de sécurité sanitaire de l'Union européenne, réunissant les 27 États membres ainsi que des experts de l'ECDC et de l'OMS, n'a pu aboutir à aucune conclusion concrète lors de sa dernière session. L'absence de données fiables transmises par la Russie empêche toute évaluation rigoureuse des risques. La porte-parole santé de la Commission, Eva Hrnčířová, a rappelé que l'adhésion de la Russie au bureau Europe de l'OMS impose une obligation de partage rapide et précis d'informations en cas de menace sanitaire grave.
Le décès suspect d'une technicienne à Irkoutsk
L'alerte mondiale a été déclenchée suite au décès, le 2 octobre, d'une technicienne de laboratoire travaillant au sein de l'Institut de recherche anti-peste d'Irkoutsk. Initialement classée comme une « pneumonie d'étiologie inconnue », la mort de cette employée a suscité des interrogations sur une possible infection par la peste pulmonaire, une forme particulièrement virulente et transmissible de la maladie. Si aucun traitement n'est administré, le taux de létalité de cette pathologie peut atteindre 100 %.
La position divergente de Moscou
De son côté, l'organisme russe de contrôle de la santé publique, Rospotrebnadzor, rejette les inquiétudes internationales. Moscou assure qu'il n'existe « aucun risque épidémique » et affirme que la victime était vaccinée contre les agents pathogènes manipulés dans son laboratoire. Les autorités russes soutiennent que près de 5 000 analyses n'ont révélé aucune trace d'agent dangereux et que le suivi médical des personnes ayant été en contact avec la défunte est en phase terminale. Par ailleurs, le Kremlin qualifie de « faux » le second cas suspecté par les instances internationales.
Une coopération diplomatique sous tension
La gestion de cette crise est complexifiée par l'absence de canaux diplomatiques directs entre Bruxelles et Moscou depuis le début du conflit en Ukraine. La délégation de l'UE tente de maintenir un dialogue via le bureau de l'OMS en Russie. Parallèlement, les États-Unis ont également exigé des clarifications officielles, le président Donald Trump ayant annoncé son intention d'aborder directement le sujet avec Vladimir Poutine. La Commission européenne se tient prête à convoquer une nouvelle réunion d'urgence si la situation venait à évoluer ou si de nouveaux éléments étaient portés à sa connaissance.