La Commission nationale des droits de l'homme (NHRC) du Nigeria a officiellement requis l'arrestation de Samuel Shekwolo, président du conseil de zone de Kuje, à Abuja. Cette demande fait suite à la diffusion d'une vidéo dans laquelle l'élu somme les habitants de soutenir le parti au pouvoir, l'APC, sous peine d'expulsion du territoire.
Une atteinte directe aux libertés fondamentales
Pour Tony Ojukwu, secrétaire exécutif de la NHRC, les propos tenus par Samuel Shekwolo constituent une « intimidation » et un « assaut direct » contre la Constitution nigériane. L'élu a affirmé publiquement qu'il ne tolérerait aucune opposition politique dans sa juridiction, déclarant aux résidents qu'ils devaient soit se rallier à l'APC, soit quitter la zone. La Commission rappelle que nul ne peut être banni de sa communauté en raison de ses affiliations politiques, et que la liberté de mouvement ainsi que le droit de vote sont des garanties inaliénables pour tout citoyen.
Le cadre juridique face aux menaces électorales
La NHRC souligne que ces déclarations tombent sous le coup de plusieurs textes législatifs. L'institution cite notamment les articles 92 et 93 de la loi électorale de 2022, qui prohibent formellement les menaces et l'intimidation visant à influencer les électeurs. Sont également invoqués l'article 416 du Code pénal sur l'incitation au trouble à l'ordre public et la loi sur la cybercriminalité de 2015, pour la diffusion de propos susceptibles de déstabiliser la paix sociale. La Commission a exhorté la police, le Département des services d'État et la commission électorale (INEC) à ouvrir une enquête immédiate.
Responsabilité des autorités et climat politique
Au-delà de l'arrestation, la NHRC appelle le parti APC et l'administration du Territoire de la capitale fédérale (FCTA) à se désolidariser publiquement de ces propos. L'institution met en garde contre la « marchandisation » du développement local, rappelant que les projets publics ne sauraient servir de levier de coercition pour acheter la loyauté des citoyens. Ce dossier s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes à l'approche des élections générales de 2027, marqué par une multiplication des discours clivants et des menaces à l'encontre des opposants politiques, une tendance que la Commission qualifie de dangereuse pour la stabilité démocratique du pays.